Culture et projets
Mukashimukashi … Le studio Ghibli
Emilie
Des débuts nippons ni mauvais
Alors qu’Hayao Miyazaki se prépare à recevoir un prix
pour l’ensemble de sa carrière le 12 janvier prochain,
revenons aux origines du studio qui sait charmer petits
et grands.
Hayao Miyazaki et Isao Takahata (décédé le 5 avril
dernier), les deux fondateurs du studio, se rencontrent
dans les années 60 à la Toei Animation, célèbre studio
de production à l’origine de nombreuses séries comme
Albator, Capitaine Flam ou One Piece. Miyazaki fait
donc ses débuts en travaillant sur des séries TV. Lui et
Takahata font également partie du même syndicat des
travailleurs : une amitié naît entre les deux hommes. Ils
collaborent sur le film d’animation Horus, Prince du
soleil, qui sera un échec commercial. L’idée leur vient
alors de fonder un studio indépendant qui leur
permettrait de développer leur propre vision de
l’animation : privilégier la qualité, travailler sur un film
aussi longtemps que nécessaire sans être tenus de
respecter de impératifs de productivité.
Au début des années 70, Miyazaki quitte donc la Toei
Animation et travaille pour différents studios sur les
séries Lupin III, Heidi, la petite fille des Alpes et Conan
le fils du futur. Il publie également un manga, Nausicaä
de la Vallée du Vent, à l’aide de celui qui deviendra le
producteur en chef et président du Studio Ghibli :
Toshio Suzuki. L’histoire se déroule dans un futur post-
apocalyptique, sur une terre dévastée par la guerre et
la pollution : Nausicaä, princesse de la Vallée du Vent,
tente de ramener la paix. Miyazaki intègre ensuite la
Tokyo Movie Shinsha, et réalise Le Château de
Cagliostro, qui reprend la série animée Lupin III. Il
décide ensuite d’adapter Nausicaä de la Vallée du Vent
en long-métrage d’animation. Le film sort en 1984 au
Japon, et remporte un grand succès. Il est considéré
comme la première réussite du Studio Ghibli, même s’il
précède d’un an la création du studio. Encouragés par
ce succès, Takahata et Miyazaki fondent le Studio
Ghibli l’année suivante.
Un succès bien tofu
Le Château dans Le Ciel (sorti en 1986 au Japon) sera
le “vrai” premier film du studio. En 1988, Le Tombeau
des Lucioles, réalisé par Isao Takahata, et Mon Voisin
Totoro débarquent au cinéma. Si ce dernier sera boudé
lors de sa sortie en salles, il deviendra un vrai
phénomène culturel, en partie grâce à des diffusions à
la TV et à ses produits dérivés. L’adorable créature
séduit, au point de devenir la mascotte du studio, qui
enchaîne ensuite les succès avec Kiki La Petite
Sorcière (1989), Porco Rosso (1992) ou encore
Pompoko (1994) par Isao Takahata.
Princesse Mononoké, en 1997, séduit la critique
internationale et élève Miyazaki au rang de maître de
l’animation japonaise. Ce film, qui surprend par sa
violence assez inhabituelle pour le studio, est un
succès international. Miyazaki retourne aux thèmes
centraux de Nausicaä et met une nouvelle fois le
monde en garde : il faut à tout prix protéger
l’environnement avant qu’il ne soit trop tard.
Vidéo ici
Lien : https://www.youtube.com/watch?
v=bubkUJcYmeo
Mais le succès ne s’arrête pas là : Le Voyage de
Chihiro, sorti en 2001, va propulser le studio au
sommet de sa gloire. C’est un triomphe : Oscar du
meilleur film d’animation, Ours d’or au festival du film
de Berlin, Annie Award de la meilleure musique de film.
Le studio nippon devient incontournable au début des
années 2000, chaque sortie d’un nouveau long-
métrage se transformant en phénomène de société.
Viendront ensuite Le Royaume des Chats réalisé par
Hiroyuki Morita (2002), Le Château Ambulant (2004),
Ponyo sur la falaise (2008) ou encore Le Vent se Lève
(2013).