L'Eclaireur n°7 | Page 21

Culture et projets Mukashimukashi … Le studio Ghibli Emilie Des débuts nippons ni mauvais Alors qu’Hayao Miyazaki se prépare à recevoir un prix pour l’ensemble de sa carrière le 12 janvier prochain, revenons aux origines du studio qui sait charmer petits et grands. Hayao Miyazaki et Isao Takahata (décédé le 5 avril dernier), les deux fondateurs du studio, se rencontrent dans les années 60 à la Toei Animation, célèbre studio de production à l’origine de nombreuses séries comme Albator, Capitaine Flam ou One Piece. Miyazaki fait donc ses débuts en travaillant sur des séries TV. Lui et Takahata font également partie du même syndicat des travailleurs : une amitié naît entre les deux hommes. Ils collaborent sur le film d’animation Horus, Prince du soleil, qui sera un échec commercial. L’idée leur vient alors de fonder un studio indépendant qui leur permettrait de développer leur propre vision de l’animation : privilégier la qualité, travailler sur un film aussi longtemps que nécessaire sans être tenus de respecter de impératifs de productivité. Au début des années 70, Miyazaki quitte donc la Toei Animation et travaille pour différents studios sur les séries Lupin III, Heidi, la petite fille des Alpes et Conan le fils du futur. Il publie également un manga, Nausicaä de la Vallée du Vent, à l’aide de celui qui deviendra le producteur en chef et président du Studio Ghibli : Toshio Suzuki. L’histoire se déroule dans un futur post- apocalyptique, sur une terre dévastée par la guerre et la pollution : Nausicaä, princesse de la Vallée du Vent, tente de ramener la paix. Miyazaki intègre ensuite la Tokyo Movie Shinsha, et réalise Le Château de Cagliostro, qui reprend la série animée Lupin III. Il décide ensuite d’adapter Nausicaä de la Vallée du Vent en long-métrage d’animation. Le film sort en 1984 au Japon, et remporte un grand succès. Il est considéré comme la première réussite du Studio Ghibli, même s’il précède d’un an la création du studio. Encouragés par ce succès, Takahata et Miyazaki fondent le Studio Ghibli l’année suivante. Un succès bien tofu Le Château dans Le Ciel (sorti en 1986 au Japon) sera le “vrai” premier film du studio. En 1988, Le Tombeau des Lucioles, réalisé par Isao Takahata, et Mon Voisin Totoro débarquent au cinéma. Si ce dernier sera boudé lors de sa sortie en salles, il deviendra un vrai phénomène culturel, en partie grâce à des diffusions à la TV et à ses produits dérivés. L’adorable créature séduit, au point de devenir la mascotte du studio, qui enchaîne ensuite les succès avec Kiki La Petite Sorcière (1989), Porco Rosso (1992) ou encore Pompoko (1994) par Isao Takahata. Princesse Mononoké, en 1997, séduit la critique internationale et élève Miyazaki au rang de maître de l’animation japonaise. Ce film, qui surprend par sa violence assez inhabituelle pour le studio, est un succès international. Miyazaki retourne aux thèmes centraux de Nausicaä et met une nouvelle fois le monde en garde  : il faut à tout prix protéger l’environnement avant qu’il ne soit trop tard. Vidéo ici Lien : https://www.youtube.com/watch? v=bubkUJcYmeo Mais le succès ne s’arrête pas là  : Le Voyage de Chihiro, sorti en 2001, va propulser le studio au sommet de sa gloire. C’est un triomphe : Oscar du meilleur film d’animation, Ours d’or au festival du film de Berlin, Annie Award de la meilleure musique de film. Le studio nippon devient incontournable au début des années 2000, chaque sortie d’un nouveau long- métrage se transformant en phénomène de société. Viendront ensuite Le Royaume des Chats réalisé par Hiroyuki Morita (2002), Le Château Ambulant (2004), Ponyo sur la falaise (2008) ou encore Le Vent se Lève (2013).