L'Eclaireur n°7 | Page 20

Actualités La liberté des manifestants ne s’arrête-t-elle pas là où commence celle des autres? Contre les blocus Théo et Benoit Le LEC bloqué Alors que le mouvement social des «  gilets jaunes  » commençait à prendre de l’ampleur dans le pays, d’autres acteurs ont voulu se faire entendre par le biais d’une mobilisation active. Les lycéens qui se sentent oubliés du gouvernement et des annonces faites par celui-ci ont donc commencé leurs actions à la fin du mois de novembre dans certaines villes comme Perpignan. Le mouvement prit une grande ampleur à partir de début décembre dans plusieurs centaines de lycées en France avec pour principal objectif de faire valoir divers sujets (réforme du BAC, Parcoursup…). Mais ce mouvement naissant et grandissant fut à un niveau national inégalement mis en place et respecté dans les différentes académies. Au lycée des Eaux Claires, le mouvement fut assez intensément respecté. Le mode d’action des lycéens s’est traduit par un blocage partiel ou complet des entrées du lycée. Les blocages ont duré environ deux semaines et les perturbations ont été nombreuses et parfois profitables à des personnes non scolarisées au Lycée des Eaux Claires  (violences, dégradations multiples...). Ce lycée est un des établissements de l’académie de Grenoble ayant eu le plus d’incidents liés à ces revendications lycéennes (avec d’autres comme Vaucanson, Louise Michel, Marie Curie, Ferdinand- Buisson…). Ce mouvement s’est aussi traduit par la mise en place d’une première Assemblée Générale Lycéenne au sein du lycée des Eaux Claires le jeudi 13 décembre afin de décider de la suite du mouvement. Les revendications principales des personnes engagées dans ce mouvement sont à la fois la réforme du BAC à venir et le possible risque d’augmentation des inégalités entre les lycées avec les spécialités diverses qui y sont présentées, mais aussi Parcoursup qui constitue le nouveau modèle d’inscription pour les études post-BAC potentiellement plus inégalitaire que le précédent, ou encore la hausse des frais d’inscription universitaires pour les étudiants étrangers. Mais plusieurs questions se posent alors. Le fait et le droit de revendiquer une opinion, de se faire entendre par le biais de la manifestation n’est pas à remettre en cause mais à l’inverse empêcher l’accès à un établissement public à d’autres personnes peut lui être discuté. Pour ce qui est de notre positionnement par rapport à ce sujet nous sommes plutôt contre les actions d’une minorité sous l’influence « d’organisations syndicale » et d’un mode d’action qui prive environ 1100 lycéens de l’accès au lycée et aux cours qui y sont donnés. Le retard engendré par ces blocages pénalisera une fois de plus les élèves, avec un rythme plus soutenu qui sera imposé pour atteindre le niveau attendu en fin d’année scolaire. L’une des questions à se poser serait donc de savoir si la liberté des manifestants ne s’arrête pas là où commence celle des autres. De plus la vraie cible de ces revendications et des manifestants serait le gouvernement et non pas le lycée directement, c’est pourquoi nous ne sommes pas en faveur du blocus. Cela ne signifie pas que nous n’approuvons pas certaines revendications au contraire, et soutenons le fait que des débats doivent être organisés afin de pouvoir aboutir à une réforme adaptée.