L'Eclaireur n°7 | Page 19

Actualités Pourquoi une mobilisation lycéenne ? Les lycéen.ne.s en colère Par Inès Pour les blocus Geste de soutien par les manifestants aux 150 élèves de Mante la Jolie arrêtés par les CRS durant 4 heures La mobilisation lycéenne qui a commencé le 30 novembre 2018 est un mouvement national concernant tou.te.s les lycéen.ne.s de France. Cela n’est donc pas un mouvement ne concernant que le lycée des Eaux Claires. Lancée à l’appel de l’Union Nationale Lycéenne (UNL), cette vague contestataire est motivée par une opposition à la sélection à l’université, à la réforme du bac (général et professionnel), le service national universel (SNU) ainsi que l’augmentation des frais de scolarité pour les étudiant.e.s étranger.e.s. Plus généralement, les lycéen.ne.s réclament une augmentation des bourses ainsi qu’un réel investissement dans l’éducation afin de garantir à tou.te.s le droit d’étudier dans des conditions dignes et lutter contre la précarité dont souffrent beaucoup trop de lycéen.ne.s Dans un premier temps, nous exprimons nos revendications dans les instances grâce aux organisations lycéennes et aux élu.e.s (CVL,CAVL,CNVL,CSE). Malheureusement, nous sommes toujours écoutés mais pas entendus. En effet, le gouvernement fait preuve d’indifférence voire de mépris à l’égard des lycéens lycéen.ne.s et de leurs représentant.e.s en laissant paraître une forme de démocratie et de collaboration qui n’est en réalité qu’un écran de fumée, cachant derrière lui des réformes accentuant les inégalités et dégradant davantage les conditions d’études dans lesquelles les élèves évoluent. Nous nous opposons à la sélection (Parcoursup) et à la réforme du bac car ces deux réformes, mettant les élèves et leurs établissements en concurrence, ne vont qu'accroître la sélection sociale et les inégalités. Des individus qui ne nous connaissent pas (personnels des universités) ou de manière subjective (les profs), vont pouvoir juger s’il est judicieux de suivre tel ou tel parcours après notre BAC mais nous ne voulons pas subir, nous voulons choisir ! Qui mieux que nous peut décider de notre avenir ? De plus, la réforme du BAC cassera la valeur nationale du diplôme en l’individualisant et le dévalorisera en fonction du lycée d’origine. La jeunesse est en colère lorsque le gouvernement annonce de nouvelles suppressions de postes d’enseignant.e.s tandis qu’il se permet de gaspiller plusieurs milliards dans un service national universel, alors que ce projet de loi est massivement critiqué et même rejeté par les organisations de jeunesse. Nous sommes radicalement opposé à l’idée de se voir obliger d’aller travailler gratuitement pendant plusieurs semaines. Quelle société souhaitent nos dirigeant.e.s lorsqu’ils virent des profs et asphyxient l’éducation mais déboursent plusieurs milliards pour mettre en place une structure servant à inculquer des valeurs qu’on devrait nous enseigner à l’école ? Quelle société souhaitent nos dirigeant.e.s quand ils envoient les forces de l’ordre réprimer violemment des lycéen.ne.s souhaitant simplement faire valoir leurs droits ? Enfin, l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s est une mesure élitiste et xénophobe. Pour un master, les frais passent de 243€ à 3770€ (Source : Le Monde 21/11/18) En effet, la mixité sociale et culturelle a toujours été la force et la richesse de notre pays et de ses universités, cette mesure va maintenant restreindre l’accès aux facs françaises aux étranger.e.s les plus riches. Cette mobilisation peut se résumer en quelques mots : Les lycéen.ne.s veulent une éducation gratuite, populaire et accessible à tou.te.s, sans discrimination ni tri social, parce que le tri ce n’est pas pour les jeunes, c’est pour les déchets ! La jeunesse est l’avenir du pays, à quand une réelle prise en compte de la jeunesse ? Nous ne nous tairons pas tant que nous n’aurons pas été entendu.e.s !