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Pourquoi une mobilisation lycéenne ? Les lycéen.ne.s en colère
Par Inès
Pour les blocus
Geste de soutien par les manifestants aux 150 élèves de Mante la Jolie arrêtés par les CRS durant 4 heures
La mobilisation lycéenne qui a commencé le 30 novembre
2018 est un mouvement national concernant tou.te.s les
lycéen.ne.s de France. Cela n’est donc pas un mouvement ne
concernant que le lycée des Eaux Claires.
Lancée à l’appel de l’Union Nationale Lycéenne (UNL), cette
vague contestataire est motivée par une opposition à la
sélection à l’université, à la réforme du bac (général et
professionnel), le service national universel (SNU) ainsi que
l’augmentation des frais de scolarité pour les étudiant.e.s
étranger.e.s.
Plus généralement, les lycéen.ne.s réclament une
augmentation des bourses ainsi qu’un réel investissement
dans l’éducation afin de garantir à tou.te.s le droit d’étudier
dans des conditions dignes et lutter contre la précarité dont
souffrent beaucoup trop de lycéen.ne.s
Dans un premier temps, nous exprimons nos revendications
dans les instances grâce aux organisations lycéennes et aux
élu.e.s (CVL,CAVL,CNVL,CSE).
Malheureusement, nous sommes toujours écoutés mais pas
entendus. En effet, le gouvernement fait preuve d’indifférence
voire de mépris à l’égard des lycéens lycéen.ne.s et de leurs
représentant.e.s en laissant paraître une forme de démocratie
et de collaboration qui n’est en réalité qu’un écran de fumée,
cachant derrière lui des réformes accentuant les inégalités et
dégradant davantage les conditions d’études dans lesquelles
les élèves évoluent.
Nous nous opposons à la sélection (Parcoursup) et à la
réforme du bac car ces deux réformes, mettant les élèves et
leurs établissements en concurrence, ne vont qu'accroître la
sélection sociale et les inégalités.
Des individus qui ne nous connaissent pas (personnels des
universités) ou de manière subjective (les profs), vont pouvoir
juger s’il est judicieux de suivre tel ou tel parcours après notre
BAC mais nous ne voulons pas subir, nous voulons choisir !
Qui mieux que nous peut décider de notre avenir ?
De plus, la réforme du BAC cassera la valeur nationale du
diplôme en l’individualisant et le dévalorisera en fonction du
lycée d’origine.
La jeunesse est en colère lorsque le gouvernement annonce
de nouvelles suppressions de postes d’enseignant.e.s tandis
qu’il se permet de gaspiller plusieurs milliards dans un service
national universel, alors que ce projet de loi est massivement
critiqué et même rejeté par les organisations de jeunesse.
Nous sommes radicalement opposé à l’idée de se voir obliger
d’aller travailler gratuitement pendant plusieurs semaines.
Quelle société souhaitent nos dirigeant.e.s lorsqu’ils virent des
profs et asphyxient l’éducation mais déboursent plusieurs
milliards pour mettre en place une structure servant à
inculquer des valeurs qu’on devrait nous enseigner à l’école ?
Quelle société souhaitent nos dirigeant.e.s quand ils envoient
les forces de l’ordre réprimer violemment des lycéen.ne.s
souhaitant simplement faire valoir leurs droits ?
Enfin, l’augmentation des frais d’inscription pour les
étudiant.e.s étranger.e.s est une mesure élitiste et xénophobe.
Pour un master, les frais passent de 243€ à 3770€ (Source :
Le Monde 21/11/18)
En effet, la mixité sociale et culturelle a toujours été la force et
la richesse de notre pays et de ses universités, cette mesure
va maintenant restreindre l’accès aux facs françaises aux
étranger.e.s les plus riches.
Cette mobilisation peut se résumer en quelques mots :
Les lycéen.ne.s veulent une éducation gratuite, populaire et
accessible à tou.te.s, sans discrimination ni tri social, parce
que le tri ce n’est pas pour les jeunes, c’est pour les déchets !
La jeunesse est l’avenir du pays, à quand une réelle prise en
compte de la jeunesse ? Nous ne nous tairons pas tant que
nous n’aurons pas été entendu.e.s !