Si vous n’avez rien compris au titre de cet article, vous n’avez jamais joué aux échecs. Vous avez tort, mais ce n’est pas irrémédiable : s’adonner à ce jeu millénaire est à la portée de n’importe qui, et développe chez ses pratiquants de multiples qualités intel-lectuelles : concentration, calcul, anticipation, imagination, créativité, sang-froid… C’est le « roi des jeux » et le « jeu des Rois » : Entre autres célébrités, Rousseau, Voltaire, Napoléon, Lénine ou encore Fidel Castro en furent des adeptes passionnés. Mais s’il suffit de quelques parties pour en retenir les règles et commencer à s’amuser, mille vies ne suffiraient pas pour en épuiser toutes les subtilités. Je vous signale en plus qu’il n’est pas nécessaire d’être deux pour jouer : sur internet, on peut affronter en direct des joueurs du monde entier, par exemple pour des parties « blitz » de 5 ou 10 minutes idéales dans les transports en commun. Alors un conseil : laissez tomber Candy Crush.
Le python norvégien
Carlsen, ça vous dit quelque chose ? Non, ce n'est pas un champion de ski de fond, ni une étagère Ikéa : Magnus (le bien prénommé) Carlsen est un jeune norvégien de 26 ans, n°1 mondial d'échecs depuis 2009. Surnommé depuis sa plus tendre enfance (sans grande originalité) le Mozart des échecs, il fait régner la terreur sur tous les échiquiers du monde. Son style est dit « positionnel », c’est-à-dire (pour simplifier) qu’il n’est pas un attaquant : sa stratégie consiste à profiter de la plus infime erreur de son adversaire (or, aux échecs, TOUT LE MONDE finit tôt ou tard par en commettre une) pour prendre peu à peu l'avantage et briser sa résistance, un peu comme un python guette patiemment sa proie avant de se jeter sur elle, l’étouffer avec délice et l’avaler très très très lentement.
Un prodige. Un génie. Un monstre. Une légende, déjà… contre laquelle j'ai disputé plusieurs parties acharnées. Oui, j’ai affronté Carlsen, je l’ai même battu : une application pour mobiles ("Play Magnus"), permet en effet de se mesurer à lui en choisissant l’âge de son adversaire virtuel, c’est-à-dire son niveau de jeu : il est donc possible d’affronter un Carlsen âgé de 6 ans, 7 ans, 8 ans... jusqu'à 18 ans. Or, moi qui me
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Mat, roque, fourchette et fianchetto :
Carlsen, Kasparov et Deep Blue