L'Eclaireur n°2 | Page 21

voulant porter plainte doit apporter des preuves. Si le viol date de moins de quelques jours, la victime doit passer un examen gynécologique pour récupérer d'éventuels échantillons de sperme ou vérifier qu'il y a des lésions. Moins de 24h après un viol, le violé doit laisser une personne inconnue toucher son sexe pour prouver ce qu'il dit.

«  Mais tu as dû un peu aimer ça, quand même  »

La culture du viol est encore très présente. Ainsi les familles vont douter , comme l'écrit M. : «   Les souvenirs ont commencé à revenir l'année de mes 21 ans. Et je me sens toujours coupable...  Pourquoi je ne l'ai pas dit plus tôt ?  Pourquoi je n'ai pas dit non ?  On ne peut pas dire « non » au grand-père tant admiré par tous les adultes. Adultes qui m'accusent aujourd'hui d'en « faire trop », qui m'en-foncent à coups de « tu n'es pas la seule victime », et « c'était il y a longtemps, passe à autre chose »… Et puis, je devais bien y trouver mon compte, pendant toutes ces années... Je devais me sentir privilégiée, non ? Non. »

On doute parce que la victime l'aurait bien voulu  : « J'avais 17 ans lorsque c'est arrivé, je me rendais au lycée. […] Je rentre presque malgré moi dans un moule de la « femme sexy » du XXIème siècle. Les autres élèves du lycée disaient tous que j'avais mérité ça à cause de ma tenue soi-disant provocante, même mon propre père me dit encore que je devrais « m'adapter » et porter des tenues dites « asexuées » et ne pas me maquiller, je suis donc trop féminine aux yeux de mon père.  » révèle Alice. Camille, 31 ans ans, écrit : « J’ai réussi à en parler à des amies quelques semaines plus tard : «Pourquoi tu t’es pas défendu aussi, t’avais qu’à lui casser la gueule, t’es un mec !  » [...] « ça va, t’es pédé donc t’as dû un peu aimer ça quand même ! ». Je n’ai jamais porté plainte, parce que je savais que c'était de ma faute, et que j'aurais dû me défendre. Sauf que, parfois, un garçon, ça ne peut pas se défendre…  »

Avec la torture, le viol est une des violences les plus traumatisantes, avec un impact sur la santé mentale et physique majeur et des conséquences à long terme : des violences sexuelles subies pendant l'enfance sans prise en charge peuvent faire perdre 20 ans d'espérance de vie et peuvent déterminer la santé de l'individu, même 50 ans après. Ces risques ne sont pas dues au caractère de l'individu, mais aux violences destructrices subies.

Ce n'est pas parce que le violé paraît limité mentalement, paraît non atteint, ou donne l'impression qu'il ment, que ça remonte à loin, que c'est un garçon, qu'il était habillé d'une manière provocatrice ou était saoûle qu'il faut ignorer ce qu'il dit . La culture du viol doit prendre fin.

Témoignages venant du site

Coupable de mon viol

Informations sur les impacts psycho-traumatiques

venant de cet article

Zoé