L'Eclaireur n°12 | Page 8

Un sondage sexiste

Ce sondage traite uniquement des tenues des lycéennes, et pas des lycéens.

Ces tenues sont toutes des tenues féminines, à l’exception d’une seule tenue mixte : le jean troué.

Il est aussi reproché à l’IFOP d’avoir mis des pictogrammes trompeurs et sexualisant les femmes. Les hauts ne sont représentés que par un buste sans tête où la femme a d’énormes seins.

De plus ces pictogrammes ne sont pas représentatifs des pratiques ou des tenues qu’ils sont sensés illustrer. Par exemple, la pratique du « no bra » qui consiste à ne pas porter de soutien gorge sous sa tenue est ici représentée par un buste avec des tétons qui pointent et une minuscule couche de tissu par dessus. Faut-il vraiment rappeler que ne pas porter de soutien-gorge n’a pas pour conséquence obligatoire de ne presque rien porter par dessus ? Pas étonnant que 66 % des personnes votent contre avec de telles représentations !

Pour les bas, les pictogrammes n’étaient pas sexualisés. L’IFOP montre donc qu’il est capable de présenter une tenue sans caricaturer le corps des femmes.

D'autre part, le panel interrogé pour ce sondage n’incluait pas - ou très peu - principaux intéressés, c'est-à-dire les lycéens, l’âge allant de 18 à 60 ans ou plus.

Enfin la dernière question du sondage sort du cadre lycéen. La question est : « approuvez-vous ou non les femmes qui à l’extérieur de leur domicile portent la mini-jupe»?

Celle-ci est hors contexte et n’a rien à faire dans un sondage sur les tenues des lycéennes.

Mini-jupe, j'écris ton nom...

Ce sondage a donc encore une fois mis le feu aux poudres dans le débat sur la fameuse tenue « républicaine ». L’IFOP ne s’attendait pas à une telle polémique car, je cite, « cela fait plus de 50 ans que nous mesurons tous les faits de société et d’actualité sur les femmes sans jamais avoir de polémique ». De plus, l'usage de pictogrammes dans d’autres types de sondages n'avait pas déclenché de polémiques.

C'est bien possible... mais ce sujet est trop important, délicat et explosif pour se permettre de faire des maladresses aussi énormes. Alors au lieu de vouloir encore interdire des tenues ou des pratiques aux femmes, il serait peut être temps de les laisser porter ce qu’elles veulent sans les juger, les stigmatiser ou les enfermer dans des cases.