L'Eclaireur n°11 | Page 46

Esther et Louise

Le courage face à la corruption

Marie

Kaouther Adimi

Clara

"Les Petits de Décembre" de Kaouther Adimi raconte une révolte d’enfants suite au rachat du terrain vague où ils jouent au foot pour y construire deux résidences de généraux.

L’histoire, qui se déroule dans une Algérie corrompue, décrit l’organisation de cette révolte par trois enfants  : Inès, Jamyl et Mahdi.

Kaouther Adimi, algérienne, a vécu dans ce pays, notamment lors de la « décennie noire », période des années 90 dans laquelle le terrorisme a flambé en Algérie. Elle en parle à plusieurs reprises, et le fait qu’elle l’ait vécue rend le récit réaliste.

La lecture de ce livre m’a plu. Tout d’abord, l’écriture est simple et légère. Les phrases sont courtes et le vocabulaire familier, malgré un sujet plutôt lourd, la corruption. De plus, la révolte des enfants est festive et non violente  : ils rient, jouent, chantent, et créent des liens entre eux lors du « siège » du terrain vague. J’ai également aimé la façon dont l’auteur présente l’Algérie, sans l’idéaliser. Elle évoque de vrais problèmes, comme la condition des femmes (la mère d’Inès, harcelée car elle est divorcée), la corruption ou le terrorisme. Enfin, les enfants ne se laissent pas faire malgré le rapport de force très inégal entre eux et les généraux... Pour finir, je dirais que c’est un beau livre qui donne de l’espoir grâce à ces enfants qui par leur courage et leur solidarité réussissent à déstabiliser les puissants.

Kaouther Adimi est une jeune écrivaine d'origine algérienne. Elle s'est fait connaître très jeune et a déjà obtenu de nombreux prix littéraires.

Naissance d’une autrice

C’est en 1986, dans la ville d’Alger situé au nord de l’Algérie, que naît Kaouther Adimi. Quatre ans plus tard, sa famille dénénage à Grenoble. Voici comment, à 8 ans, elle a commencé à écrire  : « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai adoré lire. Dès que je me plongeais dans un livre, je n’en sortais pas. Je lisais plus enfant que maintenant. J’étais totalement fascinée par tout ce qui était imprimé, je pouvais absolument tout lire. Entre 4 et 8 ans, j’ai vécu à Grenoble et j’allais une fois par semaine à la bibliothèque municipale avec