L'Eclaireur n°11 | Page 47

mon père. Le problème, c’est que je finissais mes lectures en deux jours. Il fallait que je patiente jusqu’au moment où on y retournerait. Ensuite on est rentré en Algérie en 1994, c’était en plein terrorisme. Il y avait très peu de livres. La plupart des libraires avaient mis la clé sous la porte car beaucoup d’entre eux s’étaient fait menacer et assassiner. J’ai alors eu la “brillante” idée à l’époque d’écrire un livre pour pouvoir le lire  ! »

Elle achève ses études en Algérie, et sort diplômée en lettres modernes et en management des ressources humaines. C’est également là-bas que sa carrière dans l’écriture commence, comme elle le raconte : « Alors que je suis à la fac d’Alger, je vois sur une affiche à l’Institut français d’Alger que s’organise un concours de jeunes écrivains. J’y participe, ma nouvelle est sélectionnée, elle a été publiée parmi d’autres dans un recueil. Nous avons été invités, à Toulouse, à Paris, puis j’ai continué. J’ai rencontré les éditions Barzakh, elles m’ont poussée à leur envoyer mes textes. C’est comme ça que j’ai publié mon premier roman. »

En 2009, elle décide de déménager en France, à Paris. C’est en 2010 que les éditions Barzakh publient son premier roman, "Des ballerines de papicha". Un an plus tard, la version française de son roman, renommé "L’envers des autres", sort en France. C’est également en 2011 que la jeune autrice reçoit le prix littéraire de la vocation pour ce même roman.

Au fil des années, la talentueuse autrice continue de publier ses romans  :

• « Des pierres dans ma poche » publié par les éditions Barzakh en 2015 et Le Seuil en 2016

• « Nos richesses » publié par Barzakh et Le Seuil en 2017

• « Les petits de Décembre » publié par Barzakh et Le Seuil en 2019

Quelques-unes de ses nouvelles sont également publiées dans des recueils collectifs  :

• « Le chuchotement des anges » sa première nouvelle publiée dans « Ne rien faire » avec les éditions Buchet et Chastel en 2007

• « Le Sixième Œuf » publié dans « Alger, la nuit » aux éditions Barzakh en 2011

En 2017, son roman "Nos richesses" obtient beaucoup de récompenses, notamment le Prix Renaudot des lycéens. Dans ses œuvres, l’écrivaine s’inspire souvent de la réalité  : dans son roman "Les petits de Décembre", le terrain de Dely Brahim existe et a bel et bien été racheté par des généraux. La jeune femme raconte qu'elle et son frère jouaient souvent sur ce terrain de football improvisé, jusqu’à ce qu’une bagarre éclate quand on a annoncé aux enfants que le terrain avait été vendu.

Aujourd’hui, Kaouther Adimi refuse de s’identifier à un seul pays  : « On me dit toujours que je suis franco-algérienne, ou française d’origine algérienne. Non  : je suis de nationalité algérienne et j’habite en France. » Elle garde quand même un rapport particulier avec Alger, c’est là-bas qu’elle est « chez elle » mais néanmoins elle confie avoir « beaucoup de mal à dire quels sont ses souvenirs de jeunesse là-bas ».