L'Eclaireur n°11 | Página 39

besoin d’être sociologue pour constater une volonté de transparence de plus en plus criante de la part des citoyens. Du point de vue politique d’abord, les médias cherchent de plus en plus à débusquer les petits secrets de nos décideurs.5Le Canard enchaîné distille chaque mercredi de petites anecdotes qui, bien que n’étant pas classées « secret défense », n’étaient pas vouées à être révélées au grand jour ; Mediapart fait de plus en plus de bruit à chaque nouvelle enquête, la dernière ayant provoqué un scandale médiatique avec des révélations sur de potentiels abus financiers de la part de François de Rugy, à l’époque Président de l’As-semblée nationale. Ces deux médias, qui ne sont pas les seuls dans ce domaine, révèlent selon moi une tendance générale : la presse et les médias semblent devenir de véritables (et redoutables) contre-pouvoirs, au grand dam de nos élus. Bien que quelques grands groupes se partagent les médias6, l’avènement d’Internet — permettant ainsi le développement d’organes de presse indépendants — et la libéralisation progressive des ondes radiophoniques et télévisées dans les années 1970-80 a limité le contrôle de l'État sur l'information.

De manière plus générale, tous les milieux sociaux ont évolué, la promotion de la transparence ne se restreignant plus aux seuls secteurs politiques. Les réseaux sociaux, de plus en plus omniprésents dans nos vies, favorisent toujours plus un show où chacun se met en scène. Ne pas répondre à une question en suscite presque mécaniquement une autre : qu’avons-nous à cacher ? Que cela soit légitime ou non, peu m’importe ici : je vous laisse le labeur de vous faire votre opinion. Quoi qu’il en soit, cette curiosité croissante est certainement la consé-quence d’une volonté d’en savoir plus sur certains secteurs dont on ne connaissait que peu de chose, si ce n’est rien. Ce sentiment est d’autant plus important qu’il concerne les représentants du peuple, donc finalement l’émanation élective de la communauté. Puisque les élus nous représentent, il deviendrait donc légitime de chercher à savoir ce qu’ils font, ce qu’ils nous cachent.

Kad Merad joue Philippe Rickwaert, député-maire du Nord.

Un plaidoyer en faveur de la Politique

Baron Noir, dans ses premiers épisodes7, met donc en scène Philippe Rickwaert (Kad Merad), cadre au Parti socialiste et très proche du futur Président de la République, jusqu'au moment où des affaires judiciaires viennent opposer les deux hommes, qui deviennent alors rivaux. À partir de là, tout le monde comprend aisément que l’objectif ultime de Rickwaert est de taille : la présidentielle. Dans la saison 38, sortie il y a quelques semaines, Rickwaert se rap-