Dire la politique avec la fiction :
l'exemple de Baron Noir
Rémy
Mon premier article dans l’éCLAIReur avait pour but de vous faire découvrir le fonctionnement du Sénat, tandis que le tiers de ses parlementaires était renouvelé par nos élus locaux. Comment pourrais-je passer mon chemin et ne pas vous exposer mon humble opinion sur la série Baron Noir, qui sera un jour, je l’espère, un cas d’école de série politique, aux côtés de son grand frère House of Cards ?
L’arrivée prochaine des grandes vacances, propices au binge-watching1, me semblait être l’occasion de vous faire (re)découvrir cette série qui mérite sa place au sein des meilleures productions françaises, et lève le voile sur la compétition politique française en mettant en scène un jeune cadre du Parti socialiste, incarné par Kad Merad3 .
Montrer et dire le vrai
Canal+ semble de plus en plus prendre goût aux séries piquant au mouvement artistique du réalisme ses principales caractéristiques. Bien qu’il n’y ait pas pas réellement de critique de notre société ni du jeu politique, il s’agit pour Baron Noir de montrer comment les dés politiques sont jetés, et ce de la manière la plus réaliste possible.4 Magouilles en tout genre, compétitions virilistes, coups bas, les scénaristes font feu de tout bois pour dresser le portrait de l’impitoyable champs politique français, pour reprendre un terme bourdieusien.
Les quelques extravagances (donc faux pas, selon moi) de House of Cards ne sont pas reproduites dans la série : Canal+ évite ici l’écueil des effusions de sang (j’exagère à peine, même si je sais que certains d’entre vous m’accuseront d’être un peu dur dans mes propos, ce que je leur accorde). La compétition politique est représentée sous ses formes les plus sombres, marquée par une violence qui, si elle est consubstantielle à la politique, reste verbale. Il ne s’agit pas ici de prendre les armes, et s’il est question de "tuer" son adversaire, cela ne dépasse pas le stade de la joute oratoire, de l’éclat médiatique, en bref d'un affrontement où chacun cherche à mettre fin à la carrière politique de l'autre, quand bien même il serait dans son propre camp.
Comment expliquer ce goût croissant pour le réalisme ? L’une des hypothèses tient à l'évolution de la société : pas