Autres témoignages de lycéennes
J'ai été violée deux fois
La première fois à l'âge de 12 ans. J'étais allée dormir chez ma meilleure amie et son grand frère avait invité un ami, que je connaissais. Elle m'a envoyée dormir avec lui (l'ami de son frère) après maintes contestations de ma part. Je me suis débattue longtemps, jusqu'au moment où la drogue avec laquelle j'avais été empoisonnée a fait effet, et que mon corps se paralyse comme celui d'un cadavre. Mon enfance est morte ce soir-là. Il m'a volé mes 12 ans et ma pureté.
Mes rêves de prince charmant et de princesse sont morts au moment où sa main obscène s'est posée contre mon torse, au plus près de mon coeur. Il baladait sa main à sa guise, partout sur mon corps faible et drogué. Jamais vous ne pourrez imaginer l'enfant qui s'est mise à hurler à l'intérieur de moi, alors même que pas un son ne sortait de ma bouche. La peur, la panique et l'angoisse, se liguant pour ne former plus qu'un sentiment, ravageaient l'intérieur mon crâne avec une violence égale au mépris qu'il me portait.
La deuxième fois date de Noël 2018, et c'est la raison pour laquelle j'ai quitté mon ancien lycée. On était de très bons amis, rencontrés au club de rugby de mon lycée. Puis un jour, sans crier gare, on était dans sa chambre comme d'habitude et il m'aidait pour apprendre à plaquer. Mais cette fois, il a agrippé mes poignets, m’empêchant de bouger. Alors je lui ai demandé de me lâcher, mais il ne m'écoutait plus. Il a réouvert la blessure de la première fois. Le lendemain, au lycée, il a raconté à tout le monde que j'étais une pute qu'il avait baisée, et alors a commencé le harcèlement. Il a détruit à tout jamais ma confiance en les autres. Mais malgré cela, malgré de grosses crises d'angoisse et un abonnement chez le psychologue, ces épreuves m'ont rendue plus forte.
J’ai subi plusieurs traumatismes
Quand j’étais enfant un membre de ma famille m’a fait subir des attouchements, et il y a moins d’un an, mon ex-petit copain m’a violée. Autant vous dire que j’ai beaucoup de mal à guérir. Mon ex-copain savait pour les attouchements, mais ça ne l’a pas empêché de me violer. Je n’ai pas été capable de prononcer un mot, j’ai juste gémi et j’ai serré sa main pour lui faire comprendre que je voulais que ça s’arrête. J’ai mis un certain temps à accepter ce qui s’était passé. Je l’aimais tellement que je n’arrivais pas à réaliser. Quelquefois j’en fais des cauchemars, mais je n’arrive toujours pas à le voir comme un coupable ; pour moi, il ne me voulait pas de mal, il pensait seulement à son plaisir personnel. Maintenant je vois en chaque personne qui me plaît un potentiel violeur, je suis bloquée, je suis incapable de coucher avec personne, même les préliminaires sont impossibles pour moi. Certaines fois, j’en viens à détester mon corps et à me faire mal. Je réussis à en parler, et quelquefois je tente de sensibiliser les gens sur mon compte Instagram. Je commence à guérir, à vivre pour de vrai, et un jour j’arriverai à me dire que ce n’est pas moi la coupable, mais lui.