est par conséquent très difficile à déterminer. En 2019, 52 000 plaintes pour viol ou agression sexuelle ont été déposées. Un chiffre qui ne reflète pas la réalité : on estime en effet que le nombre de personnes victimes portant plainte est de 10%, et seulement 10% des plaintes aboutissent à un procès aux assises... Même si la parole commence à se libérer avec les mouvement « Me too » ou encore « Balance ton porc », trop peu de plaintes aboutissent à un résultat.
La culture du viol, c'est ça
« Elle l'a bien cherché » ; « elle l’avait chauffé », ; « c’est sa faute, elle avait une jupe » ; « c’était une fille facile, donc c’est normal » ; « une femme qui dit non pense oui » ; « c’est sa faute, elle avait bu » ; « elles aiment ça quand on les force »... Autant de phrases que j’ai entendues très vite lorsque j’ai appris ce qu’était un viol. J’ai pu entendre certaines d’entre elles autour de moi. C’est à cause de ce genre de raisonnement que certaines femme s'interdisent de porter une robe de peur qu’on les trouve provocantes, ou parce qu’elles ont tout simplement peur de se faire agresser dans la rue si elles se retrouvent seules. La culture du viol est un ensemble d'idées sexistes qui banalisent le viol, déresponsabilisent les violeurs et suggèrent que les victimes sont responsables de ce qui leur est arrivé. Ainsi, d’après un sondage de l’association Mémoire traumatique et victimologie réalisé en 2019, 42% des Français pensent que la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude « provocante ». En France, 1 femme sur 6 et 1 hommes sur 20 déclare avoir subi un viol ou une tentative de viol au cours de sa vie.
L'éducation, pas les pulsions !
Qu'est-ce qui contribue à cette « culture » ? Perpétuer l'idée que les hommes ont des pulsions sexuelles incontrôlables, par exemple. J’en ai moi-même fait l’expérience dans un établissement public où les jeunes collégiennes ne devaient pas porter de shorts, sous prétexte que ça pouvait « déconcentrer les garçons ». Au lieu d’éduquer les garçons correctement, c’est donc aux filles de faire attention à leur tenue... On peut aussi accuser la victime d’être responsable de son viol : si la femme a « montré son corps », si elle était toute seule, si elle avait une attitude aguicheuse ou bien si elle avait bu, on juge la victime responsable de son agression. C’est aussi pour cette raison que beaucoup de victimes ne vont pas porter plainte, car elle se retrouvent trop souvent à se justifier : quelle tenue elles portaient, quel comportement elles avaient... Je trouve cela choquant et sexiste. C’est triste de se dire qu'en 2020, au moins une femme dans sa vie s’est demandée si elle n’allait pas avoir des problèmes ou se faire aborder dans la rue à cause de sa tenue !