Culture du viol : « elle l'a bien
cherché... »
Clara
Les victimes de viol sont en vérité victimes deux fois : de leur agresseur, et des idées reçues de la société. Selon un sondage, un français sur deux pense qu’une femme violée y est pour quelque chose. La culture du viol, ça vous parle ?
C’est quoi, un viol ?
La loi française reconnaît deux types de violences sexuelles :
• L’agression sexuelle, qui qualifie « toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise » sans pénétration, d’après le code pénal article 222-22. L'agression sexuelle est un délit jugé par les tribunaux correctionnels.
• Le viol, qui qualifie « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature que ce soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ». La fellation, la sodomie, l’introduction anale ou vaginale d’objet par autrui sont considérées comme des viols dans la loi française d’après l’article 222-23. Le viol est un crime jugé aux Assises.
Dans les deux cas, l’absence de consentement définit la violence sexuelle. C’est là où se niche le paradoxe, parce qu’en France il n'y a pas de définition juridique de la notion de consentement. Le code pénal ne le définit pas clairement, et ne parle pas du consentement dans le cadre d’une relation sexuelle. Or on a généralement tendance à croire que si une fille (ou un garçon) ne crie pas, ne pleure pas, ne réagit pas, alors celle-ci/celui-ci est consentant.e. On oublie trop souvent l’état de sidération : c’est un mécanisme de défense instinctif qui laisse la personne figée et inerte. L'esprit humain utilise cet état pour se détacher et mettre à distance un événement traumatisant, dont il est ensuite très difficile, voire impossible pour la victime de parler. La personne victime de cet état est comme hors du temps. Cela arrive fréquemment pendant un viol. Une absence de refus explicite ou de réaction ne veut donc pas forcément dire que la personne est consentante.
Les chiffres de la honte
Le viol a des conséquences graves et marque souvent les victimes à vie. Qu'ils soient physiques, psychologiques ou sexuels, les dégâts sont considérables. Pourtant cela reste un sujet tabou et très peu de femmes osent en parler, par peur d’être jugées, à cause de la honte qu'elles en ressentent ou par peur d’être tenues responsables. Le nombre de viol subi est par conséquent très difficile à déterminer.