Ensuite, la mise à l'épreuve des sentiments du spectateur est une stratégie très souvent employée. Par exemple, si l'on vous montre des images choquantes présentant des accidents de voitures, suivies d'une publicité pour un 4x4 mettant en avant l'aspect sécuritaire du véhicule, le message sera bien mieux perçu et gardé en mémoire par le cerveau, qui va conserver de cette publicité moins l'image d'une publicité que celle d'un problème et de sa solution logique. Une expérience a d'ailleurs été conduite en 2014 sur ce sujet à l'université de Séoul. On a montré à un groupe de personnes un reportage sur les émissions de CO2 puis un spot pour un 4x4, et à un autre groupe un spot sur la sécurité routière avant le même spot pour le 4x4. Seulement 2 % des membres du premier groupe se sont dits prêts à acheter un 4x4, contre 85 % pour le second groupe.
Une méthode assez impressionnante est celle consistant à jouer sur l'égocentrisme du spectateur d'une publicité : en lui montrant des symboles représentant de l'argent comme des dollars, des euros, des livres sterlings, etc... Une expérience de l’Université de Hambourg datant de 2012 a prouvé que les personnes exposées à ces symboles raisonnaient uniquement pour elles-mêmes. Un groupe avait été exposé à des images sur lesquelles apparaissaient ce type de symboles, et un autre aux mêmes images sans ces symboles. On faisait ensuite marcher dans un couloir les cobayes. Dans ce couloir, un complice faisait tomber des crayons. Seul le groupe n'ayant pas été exposé aux symboles représentant de l'argent a aidé le complice à ramasser ses crayons. C'est un exemple que l'on peut retrouver dans beaucoup de publicités, qui mettent en avant des symboles comme de l'or, pour inciter le consommateur à ne voir que l'aspect « richesse » du produit, et ainsi le pousser à acheter.
Et pour conclure, je me dois de vous présenter une méthode qui a fait des ravages ces dernières années : le conditionnement associatif. Il consiste tout simplement à vous diffuser une publicité accompagnée d'une musique très plaisante ou populaire. C'est ainsi que, par exemple, la musique « Prayer in C » de Lily Wood & The Prick s'est vue reconnue par un énorme nombre de personnes comme " la musique des pubs Carrefour " . Faites en l'expérience vous-même par ici , vous allez voir que c'est assez troublant . C'est un phénomène qui touche de plus en plus de musiques reconnues par le plus grand nombre comme étant de bonnes musiques, qui se voient " perverties " par la publicité dans l'imaginaire collectif. Il est réellement impossible pour la plupart des personnes ayant été exposées régulièrement à des messages publicitaires accompagnés de musiques qu'il connaissaient déjà de détacher cette musique de l'image de la publicité.
Pour résumer, la publicité est assez fourbe, sournoise, et utilise des tas de moyens assez peu éthiques que l'on pourrait qualifier de techniques de manipulation. Il est donc prouvé que les publicités utilisent beaucoup de ces procédés pour nous rendre plus vulnérables face à ces spots. Vous pouvez donc continuer à regarder la télévision sans trop de crainte, mais soyez tout de même avertis de toutes ces choses pour éviter d'être trop influençables.
Bastien