ACTU : Pourquoi l'extrémisme ?
Le temps de cerveau disponible
- Donald Trump, 45ème président des États-Unis d'Amérique.
- C'est une blague ?
- Ben non...
- Mais que se passe-t-il ? Donc maintenant un businessman xénophobe et sexiste est à la tête du pays le plus puissant du monde ? Donald Trump, c'est bien le milliardaire qui promet de construire un mur, pour contrer l'immigration mexicaine ?!? J'ai un peu de mal à comprendre, leur démocratie elle est en carton ou quoi ? Pourquoi ils n'ont pas voté pour un candidat « normal » ?
- Un candidat normal ? Plus personne n'en veut. Les gens en ont marre de se faire gouverner par des vieux politiciens inintéressants.
- Donc les gens préfèrent voter pour un candidat qui est moins « coincé » ?
- Oui. Donald Trump parle aux gens comme s'il parlait à des amis, donc tout de suite on a l'impression qu'il nous ressemble... du moins toujours plus qu’Hillary Clinton.
- Et le discours contre les étrangers ? C'est quand
même étrange que des gens votent pour lui parce qu'il leur promet de virer plein de mexicains des États-Unis ...
- Oh, tu sais l’Amérique n’est pas un cas isolé ! En Europe aussi de nombreux politiciens et électeurs ont des idées comparables à celles de Trump.
- Oui oui, je sais, mais je n'ai jamais vraiment compris pourquoi...
- Oh il y a plusieurs raisons : d'abord la nostalgie des "Trente Glorieuses", lorsque dans les années 70 tout le monde avait un emploi. Et puis il y a aussi la peur des étrangers et le retour du nationalisme. Ça touche beaucoup de gens, encore plus avec tout ce qu’on nous montre à la télé. Sans parler du chômage qui ne cesse de grimper, des attentats, des migrants qui viennent par milliers se réfugier en Europe et des usines qui ferment... Pour l'extrême droite, c'est facile de faire des liens et de recruter des électeurs.
- C'est pour ça que l'extrême droite rejette un certain nombre de problèmes sur les étrangers ?
- Oui... Tu sais, en France on a bien été contents lorsqu’on sous-payait des étrangers pour qu'ils nous construisent nos voitures... et maintenant que l'économie va moins bien, on rejette tout les problèmes sur eux. Pourtant ce ne sont pas des immigrés ou des fils d'immigrés qui créent le chômage. Ce ne sont pas eux qui choisissent d’être licenciés. Si l’État va mal, pourquoi rejette-t-on la faute sur les pauvres qui touchent des allocations leur permettant d'avoir une vie décente, au lieu de blâmer tous ceux qui pratiquent l’évasion fiscale et détournent chaque année des caisses de l’État des centaines de milliards d'euros ?
- C'est pas faux…
- Mais ce n'est pas tout, il y a un autre problème... Depuis que la situation va « mal », les candidats « normaux » n'ont pas vraiment réussi à régler les problèmes. Du coup forcément, les gens voient que ça ne marche pas... et ils sont tentés de voter un candidat avec des idées "nouvelles".
- Mmh, je comprends. Mais quand une situation est extrême, voter pour un candidat qui propose des solutions "radicales" n'est pas forcément mauvais , si ?
- Ah non, je n'ai pas dit ça ! Peut-être même qu'aujourd'hui, les candidats « normaux » sont d'une autre époque et que maintenant c'est le moment de voter pour des idées différentes. Mais s'il faut faire un choix, mieux vaut ne pas faire le mauvais !
Alan