L'Eclaireur n°1 | Page 12

On est jeune, on veut se couler dans le moule, faire partie du groupe... Alors on boit, on boit même un peu trop... et puis d’un coup on ose se déshabiller devant les copains, les amis… Et une photo se met à circuler librement sur la toile... Cette bande-dessinée retrace la manière dont s’organise ce genre de situation, et comment les réseaux sociaux alimentent la vision que les autres auront de vous.

Comme il est écrit dans la politique de confidentialité de Twitter, « Ce que vous partagez sur Twitter peut être visible partout dans le monde instantanément. Vous êtes ce que vous tweetez ! » Ainsi, n’importe qui souhaitant avoir une quelconque information sur vous pourra la trouver puis l’utiliser à son aise. Et comme il est vraiment très facile de se livrer à son clavier, il est important de savoir que ce clavier est la porte ouverte au cyber-harcèlement.

Facebook, avec un F comme dans « Fais gaffe à ta vie privée ».

Lorsque vous publiez sur Facebook, vous pouvez décider qui peut y avoir accès. Ce peut être vos amis uniquement, vos amis et leurs amis, vos amis proches uniquement, les membres de votre famille uniquement, les personnes proches de vous géographiquement, ou encore n’importe qui. Cependant, on ne sait pas tous sélectionner ces données, et même dans ce cas, ce que vous publiez n’est pas si filtré que ça…

Facebook collecte des informations concernant tout ce que vous partagez, comme par exemple le lieu où vous avez pris une photo, la date à laquelle vous avez créé un fichier, les types de contenu que vous consultez et avec lesquels vous interagissez, ou encore la fréquence et la durée de vos activités. Ca fait donc un bon paquet d’infos sur vous. Facebook sait que vous étiez à Paris pendant les vacances de la Toussaint et que vous êtes entré dans les studios d’enregistrement du groupe RTL grâce à vos photos publiés ce dimanche, ou encore que vous avez acheté la pièce de théâtre « Harry Potter et l’Enfant Maudit » le jour même de sa sortie grâce à la capture d’écran du site Amazon que vous avez partagé. Or, tout ce à quoi Facebook a accès, n’importe quelle personne spécialisée dans le hacking peut y avoir accès.

Facebook a également accès à vos messages privés. Qu’est-ce que ça peut bien lui faire que vous planifiez votre prochain week-end avec votre cousine, je ne sais pas, toujours est-il qu’il sait aussi cela. Il peut également effectuer des calculs de statistiques concernant les personnes avec lesquelles vous interagissez le plus. Si vous commentez chaque publication de la page « Philosophie Magazine », grand bien vous en fasse, Facebook en concluera que vous êtes un mordu de philosophie et vous fera donc partager des contenus relatifs à cette passion. Depuis peu, Facebook cible les publicités que chacun voit en fonction de ses centres d’intérêts. Il ne serait pas étonnant de voir apparaître dans votre fil d’actualité la bande-annonce du prochain film « Pirates des Caraïbes » si vous aimez les pages des quatre précédents films. Et comme ce que vous faites apparaît clairement sur votre mur, à moins d’avoir rendu son accès privé, tout le monde peut le voir.

Pour finir, il faut bien retenir que rien n’est jamais supprimé des bases de données de Facebook. Gardez à l’esprit que les informations vous concernant ou que d’autres personnes ont partagées de vous ne font pas partie de votre compte et ne sont pas supprimées lorsque vous supprimez votre compte. Facebook peut à tout moment réutiliser ces informations, donc ce n’est pas après avoir publié quelque chose qu’il faut y réfléchir.

Si l'on reprend le scénario de la bande-dessinée évoquée tout à l’heure (« Mots rumeurs, mots cutters »), si le personnage principal essaye de supprimer la photo de ses données, cela aura certes un effet sur la sphère publique, en revanche elle sera toujours disponible dans la base de donnée de Facebook, il vous suffira donc d’être suffisamment expérimenté pour la retrouver. Par ailleurs, ce que l’on désigne dans ce milieu par le terme