L'Eclaireur L'éCLAIReur N°6 | Página 22

J’étais intéressée par la littérature jeunesse en tant que « concept ». Donc la question serait plutôt : pourquoi ne pas avoir choisi la littérature adulte ? (rires)

Quel est votre genre de livre préféré ?

Je préfère les romans réalistes, des romans très stylisés, littéraires. Adolescente, je lisais de tout, je pouvais facilement passer d’un polar à une romance ou un livre de science-fiction. Mais aujourd’hui, je suis moins « flexible », c’est peut-être l’idée de devoir s’immerger et intégrer les règles d’un nouvel univers qui me repousse.

Combien avez-vous de livres dans votre bibliothèque (approximativement) ?

Je ne sais pas, beaucoup ! Tout ce que je peux te dire, c’est que j’en ai environ 55 dans ma PAL.(Pile A Lire : livres rangés dans une bibliothèque qui n’ont pas encore été lus).

J’ai sept étagères. Je lis beaucoup de livres, j’en achète beaucoup, on m’en prête souvent.

Quelle phrase revient souvent pour qualifier votre travail en tant qu’auteure ?

On me dit souvent que j’écrit des livres traitant de thèmes « modernes, contemporains», mais je ne me perçois pas comme quelqu’un de moderne, je n’ai jamais eu l’impression d’être à la mode.

Avez-vous un mantra concernant l’écriture ou votre vie en général ?

Je n’en ai pas vraiment, mais j’aime bien les choses « entre-deux ». Je divague dans un espace intermédiaire entre deux cultures, deux langues. Dans Songe à la douceur, j’avais ces deux pôles, je travaillais à la fois sur la romance et la versification. Mon prochain roman en est aussi l’illustration puisqu’il est écrit en franglais. J’aime bien cultiver la « tension » entre ces deux pôles plutôt que de rester catégorique sur quelque chose.

Pouvez-vous me parler de votre prochain roman ?

Oui, bien sûr ! Il sort en août, c’est une comédie politico-romantique sur des jeunes qui veulent monter une start-up en Angleterre. Ils mettent alors en contact des Anglais et des Français, ce qui pose un problème de passeport par rapport au Brexit. C’est une déclaration d’amour à l’Angleterre ; en même temps je me moque un peu... C’est un livre léger, un peu à la Jane Austen et Alice au pays des merveilles.

Avez-vous en tête une personne qui vous a marqué dans votre vie d'ecrivaine?

Mon éditeur des éditions Sarbacane, Tibo Bérard. C’est un lecteur et un éditeur d’une extrême gentillesse, bonté. Il comprend vraiment le projet des auteurs, il a une compréhension fine de ce que je veux réaliser et réussit à sublimer mon texte en le retravaillant. C’est lui qui m’a permis d’avoir le style d’écriture que j’ai aujourd’hui.

Avez-vous un objet porte-bonheur que vous emportez partout avec vous quand vous faites la promotion de vos romans, dans vos déplacements ?

Mon père m’a offert une fois un pin's avec un vélo. Ce n’est pas vraiment un porte-bonheur mais j’y tiens et je le mets souvent. Sinon pour les dédicaces, j’emporte toujours des tampons en forme de clémentine et de vélo mais cela a plus une valeur symbolique.

Avez-vous un rêve qui ne s’est pas encore réalisé ?

J’en ai beaucoup, mais l'un d'eux serait de pouvoir écrire une BD.

Qu’est-ce qui vous a dirigé vers le métier de traductrice, en parallèle de votre écriture personnelle ?

Après que j'ai écrit Songe à la douceur, les éditions Rageot m’ont contactée pour me demander si je connaissais le travail de Sarah Crossan (l’auteur du roman Inséparables, un livre que Clémentine Beauvais a traduit), car ils hésitaient à acheter son nouveau roman. Il se trouve que je connaissais très bien son travail. Cela ne m’arrive jamais d’habitude, mais je leur ai dit : « Je vais la traduire, si vous voulez ! ». Ils ont accepté et depuis je reçois de temps en temps des demandes de traductions. C'est un travail