[ réflexion ] compagnons 11 des Compagnons a toujours été de faire des Compagnons. » Alors qu’ est-ce qui manque à un bon professionnel pour être parmi nous? Regardons nos statuts pour y répondre.
Les deux premiers « buts » inscrits à l’ article 1 de nos statuts sont explicites:
• L’ accueil des jeunes, ayant choisi un des métiers de l’ association, et leur accompagnement dans une insertion professionnelle et sociale qui doit progressivement les conduire à une autonomie responsable et citoyenne.
• L’ éducation de certains de ses membres par des actions d’ apprentissage et par le perfectionnement à un métier, par la pratique du vivre-ensemble et du voyage, associée tout au long de la vie à une ouverture culturelle et spirituelle dans le partage de l’ esprit Compagnon, caractérisé, entre autres, par une démarche de transmission des savoirs, savoirfaire et savoir-être.
Le premier but nous parle d’ insertion sociale. On se dit souvent chez les Compagnons que « nous ne faisons pas du social ». Eh bien si, et c’ est même inscrit dans nos statuts. Mais attention, il ne faut pas confondre social et assistanat, la différence est importante. L’ assistanat invite à « faire à la place de », tandis que le social invite à « accompagner dans l’ apprentissage à faire soi-même, à devenir responsable et autonome ». Comment pourrions-nous être contre cette idée?
Le deuxième but révèle l’ âme même du compagnonnage du Devoir et réclame
© Thierry Caron toute notre attention. Le premier mot peut surprendre quand on le découvre: « l’ éducation » … Nous qui mettons un point d’ honneur à faire différemment de l’ Education nationale, pourquoi avoir choisi ce mot? Si l’ on prend une définition du Larousse, l’ éducation c’ est: « Former quelqu’ un en développant et en épanouissant sa personnalité. » N’ est-ce pas une autre manière de proposer de s’ accomplir?
« Apprentissage et perfectionnement à un métier » pointe les multiples possibles que nous offre l’ ensemble des formations de l’ association, alimentées par le groupe Devenir des métiers. Selon les termes, « associée, tout au long de la vie », nous sommes d’ accord que cela ne s’ arrête donc jamais? La mention « une ouverture culturelle et spirituelle » souligne que les jeunes découvrent la culture compagnonnique pour commencer, puis s’ ouvrent au monde, selon une progression en conscience initialement pensée par les fondateurs de l’ association.
UN COMPAGNON DOIT ÊTRE EN PROGRÈS TOUT AU LONG DE SA VIE. PROGRESSER DANS SON MÉTIER, AMÉLIORER SON CARACTÈRE, ACCROÎTRE SON OUVERTURE AU MONDE ET EN CONSCIENCE. ET, POUR CELA, NOUS DEVONS ÊTRE DANS « UNE DÉMARCHE DE TRANSMISSION DES SAVOIRS, SAVOIR-FAIRE ET SAVOIR-ÊTRE ».
Pour résumer, un Compagnon doit être en progrès tout au long de sa vie. Progresser dans son métier, améliorer son caractère, accroître son ouverture au monde et en conscience. Et, pour cela, nous devons être dans « une démarche de transmission des savoirs, savoir-faire et savoir-être ». Pour faire un Compagnon, il faut lui transmettre « l’ esprit Compagnon », afin qu’ il devienne un humain pour qui la notion de « chef-d’ œuvre » n’ est pas une symbolique matérielle.
UN PARCOURS EN COMPAGNON- NAGE EN CONSTRUCTION Cette longue introduction me permet d’ aborder le sujet principal de cet article: le Parcours en compagnonnage. Un projet, pour ne pas dire LE projet, que nous construisons actuellement et qui prendra officiellement vie à la rentrée 2028. Il intègre les objectifs du projet associatif tout en s’ appuyant sur nos fondamentaux et porte l’ ambition de faire vivre une expérience compagnonnique à chaque jeune accueilli.
Concrètement, le Parcours en compagnonnage se construit sur l’ articulation entre la formation au métier et la transmission de la culture compagnonnique lors des stages de formation, dès le lapinage et jusqu’ à la sédentarisation. Ce projet nous invite donc à réinterroger nos pratiques et nos perceptions sur la formation du métier et la transmission de nos valeurs. D’ où l’ importance du débat …
J’ aborderai les différents axes et sujets qui composent le Parcours en compagnonnage dans plusieurs articles à venir: la formation au métier, la culture compagnonnique, la méthode et les outils. Dans ce présent article, j’ aimerais surtout vous proposer une vision globale de ce que va être le Parcours en compagnonnage, qui ne doit pas être confondu avec le « Parcours vers l’ état de Compagnon », bien que le premier intègre le second.
Un peu plus haut dans l’ article, il est évoqué une progression en conscience pensée par les fondateurs de l’ association. C’ est sur ce cheminement que nous nous sommes basés pour établir la progression à imaginer. Les états de conscience pensés dès le départ s’ étalent sur 4 étapes:
• La préparation de la conscience pour la ou le jeune qui arrive:
• La conscience ouverte au métier pour l’ Aspirant ou l’ Aspirante:
• La conscience ouverte à l’ Homme pour la ou le Compagnon itinérant:
• La conscience ouverte à la cité pour les sédentaires.
# 357 / Mars- avril 2026