10 compagnons [ réflexion ]
PARCOURS EN COMPAGNONNAGE et culture compagnonnique
À l’ approche du lancement du Parcours en compagnonnage en 2028, les Compagnons doivent clarifier les fondamentaux qu’ ils souhaitent transmettre aux jeunes. Chacun est invité à réfléchir à ce que signifie « faire du compagnonnage » aujourd’ hui.
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Dans le précédent numéro de notre journal associatif( n ° 356, de janvier 2026), une phrase tirée de mon article « Parcours en compagnonnage, parcours initiatique »( p. 7) a suscité quelques émois dans nos corps de métiers. Allant même, et c’ est dommage, jusqu’ à inspirer certains de conjuration plutôt que de s’ ouvrir au dialogue. Pourtant, dans l’ éditorial du même numéro, le Compagnon Christian Pons, Premier conseiller, nous invitait justement à « comprendre l’ autre pour mieux se comprendre ». Une invitation à discuter, questionner et se questionner, réfléchir, débattre et s’ écouter pour mieux s’ entendre.
Pour reprendre ses mots: « [...] le dialogue public est souvent saturé par l’ urgence, la réaction, l’ émotion instantanée. Chacun y défend son récit, ses inquiétudes, ses certitudes, mais aussi ses récifs intimes. Pourtant, c’ est dans la rencontre – parfois heurtée, parfois féconde – avec l’ autre, porteur d’ un autre avis, que naît la compréhension. » Alors, je vous propose de continuer cet exercice, celui qui oblige chacun d’ entre nous à essayer de comprendre l’ autre pour mieux se comprendre. Qui nous oblige à prendre du recul sur les sujets que nous connaissons tous trop bien, si bien qu’ on en oublie de les interroger.
FORMER DES COMPAGNONS AVANT TOUT Cette phrase: « L’ Association Ouvrière des Compagnons du Devoir et du Tour de France n’ a pas pour vocation de former de bons professionnels », sortie de son contexte, peut heurter les Compagnons – et je le comprends. Avec cette provocation volontaire, je tendais le bâton pour me faire battre, mais je ne m’ attendais pas à déclencher autant de virulence. Et pourtant je vais enfoncer le clou, sans provocation cette fois, promis.
Si notre ambition devient de « former de bons professionnels », alors nous ne serons qu’ une bonne école, au même titre que tant d’ autres. Notre mission première n’ est pas de former de bons professionnels, mais de former des Compagnons! Et je l’ affirme aussi facilement qu’ on enfonce une porte ouverte: c’ est le seul objectif qui nous permettra de faire réellement du compagnonnage et pas juste de la formation, si qualitative soit-elle!
Alors, est-ce que les Compagnons sont de bons professionnels? Personne ne remet cela en question! Mais tous les bons professionnels ne peuvent pas être reçus Compagnons du Devoir pour autant. Et, comme le rappelle l’ historien François Icher: « Le but
© Thierry Caron
# 357 / Mars- avril 2026