Gang de Biches Numéro 5 - Mai/Juin 2019 | Page 32

32 F E E L G O O D  La motivation selon Charlotte  LE SWEETNICESOFT SYNDROM I l y a un an, par la magie des pubs Facebook et du reciblage, je suis tombée sur le travail de Melyssa Griffin dont je suis depuis devenue une fan inconditionnelle. Je venais de me séparer de mon associé et de dissoudre ma première entreprise. Je me retrouvais toute seule mais j’étais tellement entêtée à réussir à vivre d’empowerment et de Michelle Obama que j’ai couru au Tribunal de Commerce créer une nouvelle société sans même me poser la question de ce qui n’avait pas marché. Et dans mon empressement, j’ai donc assez vite succombé aux sirènes de Youtube qui t’expliquent comment gagner 1000 followers, euros et nouveaux inscrits à ta newsletter par jour, dans le but de faire décoller le nouveau projet que j’avais en tête. Je me suis inscrite à tous les webinars de Melyssa Griffin ainsi qu’à tous ses cours gratuits en ligne pour booster le trafic de mon site. Les résultats ont été assez rapides, notamment sur ma mailing list qui est passée de 17 à 254 membres en seulement un mois. Le problème était que, certes, j’attirais des gens sur mon site mais je n’en pouvais plus de ce que j’y racontais. Blablabla le coaching, blablabla les pensées limitantes, blablabla vie tes rêves, rêve pas ta vie. J’avais l’impression que tout le monde racontait la même chose et libérait son potentiel à coup de visuels papillons et de poing levé dans les airs en haut d’une falaise. Mais j’avais beau avoir une vision différente sur le sujet, j’étais incapable de l’articuler et de la concrétiser dans mon travail. Plus j’essayais de me démarquer, plus je me rendais compte que ma valeur ajoutée n’était, en fait, qu'un peu de paillettes à moitié assumées sur une proposition de coaching classique. J’étais incapable de m’autoriser à voir au-delà de ce qui existait déjà, au point de faire un rejet total de mon projet, du développement personnel en général et de mon envie d’« empowerer » la planète. Et c’est là qu’en pleine paralysie d’inspiration et de motivation, arrive dans ma boîte mail un message de Melyssa Griffin parlant du SweetNiceSoft Syndrom. Pour faire simple, elle y explique à quel point notre tendance à vouloir être bien poli, doux et gentil est nuisible quand on porte un projet. Parce qu’être SweetNiceSoft, c’est se condamner à toujours arrondir les angles, à toujours être dans le compromis, à ne jamais froisser personne et donc à être toujours à moitié tiédasse et jamais complètement soi. Parce qu’au fond, ce qu’on veut éviter, c’est de faire des vagues, de se confronter et de risquer d’attirer la désapprobation des autres à notre égard. Sauf qu’à toujours compromettre sa vision, on finit par perdre sa personnalité et passer sa vie à se rétrécir et raser les murs.