Gang de Biches Numéro 2 - Novembre/Décembre 2018 | Page 23
PHYSIQUE CHIMIE - 23
Les jours précédents le tournage, quand je
croise mon reflet, nue devant le miroir, je me
surprends à m'observer un peu plus en détail
que d’habitude, à me regarder bouger comme
pour anticiper l’expérience.
Jour J. Finalement, je suis moins stressée que ce
que je pensais. En fait, j’ai hâte ! J’arrive sur le
lieu de l’exposition, accueillie par les figurants
qui avaient déjà participé au tournage la journée
précédente : « Tu vas voir, le groupe est génial, ça
va être une super journée. » Le cœur qui bat un
peu fort avant le moment fatidique du premier
tombé de culotte et nous voilà enfin à nu. Avec
chacun nos tailles, nos couleurs, nos âges, nos
formes, mais tous ensemble. On avait toutes et
tous nos raisons d’être là : pour faire un pas de
côté à sa vie carrée, pour le plaisir d’être nu, pour
sortir de sa zone de confort, pour se montrer
sans artifice, pour l’admiration de la démarche
artistique… Mais le résultat était là : on a passé
sept heures, nus les uns avec les autres, à marcher,
à poser, à déambuler dans les différentes parties
de l’exposition, à travers la caméra d’Enna, nue
elle aussi. Plus les heures passaient et plus
je perdais le réflexe de me rhabiller pendant
les pauses ou de me couvrir avec mes bras, je
devenais plus libre de mes mouvements. Le
sentiment de bienveillance entre nous était si
palpable qu’aucun malaise n’est venu polluer ce
moment. On voit les corps, mais pas le sien, alors
on l’oublie, on ne se regarde pas, on ne pense
pas à ce pli, à cette tâche, à cette rougeur, comme
délestés des soucis esthétiques. Dire qu’on ne
se regarde pas entre nous serait mentir, bien
sûr, la première phase est découvrir les autres,
mais on ne s’y attarde pas. Aucune sexualisation
ni jugement n’est émis sur le corps de chacun,
ce qui nous a fait vivre un moment un peu hors
de la réalité, imprégné d’un énorme sentiment
de liberté. Une intimité partagée avec un groupe
d’inconnu(e)s, que je trouverai difficile à quitter
à la fin de la journée, tellement l’expérience était
étonnante. Après cette bousculade personnelle,
je me coucherai ce soir-là, avec l’émotion si
précieuse d’être fière de moi.
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Enna Chaton a fait de la nudité l’essence de son travail
depuis des années en filmant ou photographiant
des personnes nues dans divers environnements,
notamment lors des expositions du plasticien Céleste
Boursier-Mougenot.
ECOLO & CULOTTEE
Il est bel et bien fini le temps où nos mères
et nos grands-mères pliaient un torchon en
quatre pour se le carrer dans la culotte quand
elles avaient leurs règles. On a la chance
aujourd’hui de pouvoir se trimballer les fesses
(presque) à l’air sans que personne ne se doute
qu’on a les nichons en vrac / qu’on a envie de
manger gras / qu’on a souvent envie de péter /
qu’on a nos règles.
C’est en pleine crise de la vingt-huitaine, après
avoir vu des reportages sur Béa Johnson (zéro
déchet) et Marie Kondō (minimalisme) et après
avoir été traumatisée par la vidéo de la tortue
qui se fait retirer une cuillère en plastique de
la narine, que j’ai questionné ma manière de
consommer. J’ai cherché une alternative aux
produits hygiéniques coûteux et polluants
que l’on trouve sur le marché. Une promotion
Instagram plus tard et me voilà conquise par
un nouveau produit de la marque Thinx : la
culotte menstruelle. Cette culotte a la même
efficacité qu’un tampon ou une serviette « trois
gouttes ». Pour les femmes qui ont un flux léger,
elle peut donc se suffire à elle-même et être
portée toute la journée. Pour les autres, elle peut
s’accompagner d’une autre protection en faisant
office de protège slip ou en étant portée qu’en
début et fin de règles. Peu contraignante, elle est
lavable en machine et réutilisable à souhait. Il
suffit de la passer rapidement sous l’eau avant
de la laver avec le reste de votre linge (ou toute
seule, si ça vous dégoûte. Vous faites bien ce que
vous voulez après tout). Cerise sur le sundae, elle
est plutôt jolie, très douce et elle se décline en
plusieurs modèles : basique, shorty, gaine, tanga,
sport.
Exit les emballages en plastique qui font un bruit
d’enfer quand on les ouvre. Pour environ 30€,
vous faites un pas de plus vers le zéro déchet et
la consommation raisonnée car vous rentabilisez
votre culotte en quelques mois. Vous avez
désormais le choix de troquer votre vieux slip
tout pourri pour une vraie « culotte de règles ».
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SOYEZ AUSSI CULOTTÉE AVEC :
• les alternatives françaises FEMPO et RÉJEANNE
• l’australienne MODIBODI
• et la canadienne LUNAPADS