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RÉINVENTER la communauté
Le 25 novembre dernier , à l ’ occasion de l ’ Adoption de trois jeunes , un atelier consacré à la pâtisserie a été proposé aux familles des Compagnons sédentaires et aux salariés des maisons de Nîmes et Baillargues . Conjoints et enfants ont mis avec plaisir la main à la pâte pour réaliser les desserts du banquet de l ’ événement . Justine Vialla , Forézienne Cœur Vaillant , Compagnon pâtissière , formatrice à la maison de Nîmes et à l ’ origine de cette action qui a remporté un vif succès , revient sur les raisons de sa mise en œuvre .
E n tant que fille de Compagnon , j ’ ai souvent accompagné mon père , Hervé le Forézien , Compagnon ébéniste , à la maison de Saint-Étienne durant mon enfance . Ces moments passés en famille sont gravés dans ma mémoire , notamment grâce aux nombreux événements organisés par les épouses des Compagnons . Cependant , lors de mon Adoption , j ’ ai été déçue de ne pas retrouver l ’ ambiance familiale que j ’ avais connue plus jeune . Or , c ’ est l ’ envie de retrouver cette atmosphère qui a été un facteur déterminant de mon départ sur le Tour de France .
FAIRE REVENIR LES FAMILLES DANS NOS MAISONS Lorsque je suis arrivée à la maison de Nîmes en tant que formatrice , j ’ ai eu l ’ idée d ’ inviter à l ’ occasion d ’ une Adoption l ’ entourage des Compagnons qui n ’ a pas l ’ habitude de venir . Il est rare de voir les conjoints des Compagnons sédentaires ou des enfants dans nos murs , ce qui m ’ attriste . J ’ ai l ’ impression que les liens d ’ amitié entre les épouses n ’ existent plus comme avant . Malgré les nombreuses invitations lors des Adoptions , je constate une baisse de motivation à venir , ce qui entraîne un manque d ’ anciens pour parrainer les jeunes et un manque de diversité parmi les personnes présentes . Aurions-nous perdu notre sens de l ’ accueil aujourd ’ hui ? Les familles sont certes les bienvenues , mais rien n ’ est fait pour qu ’ elles se sentent à l ’ aise dans les maisons . Pourtant , lors de mon Tour de
Les adultes en pleine activité « macarons ».
France , j ’ ai séjourné à l ’ île de La Réunion où la communauté est à la fois très ouverte et soudée , avec les familles pleinement impliquées .
En mars 2023 , j ’ ai assisté à l ’ Adoption de deux des jeunes que je formais . J ’ ai eu alors un déclic : je me suis rendue compte que je deviendrais bientôt sédentaire et que je devais contribuer à la vie de la communauté à ma manière . J ’ ai donc décidé de mettre en œuvre une idée que j ’ avais en tête depuis un certain temps : susciter l ’ envie des familles et des salariés de participer à une Adoption . Mon objectif était également de permettre aux jeunes de la maison de vivre ces moments de convivialité que j ’ avais connus dans mon enfance . On leur parle constamment d ’ engagement , mais souvent de manière cérémoniale , ce qui peut être décourageant . Je voulais leur montrer que cet engagement pouvait également se manifester par des moments passés à la maison , en famille .
Lors de la première Adoption de l ’ année scolaire , le 25 novembre 2023 , j ’ ai décidé d ’ organiser ce moment de compagnonnage généreux et porteur de sens : un atelier de pâtisserie . Cet atelier , destiné aux salariés et aux conjoints des anciens des maisons de Nîmes et Baillargues , avait pour but de préparer ensemble tous les desserts du banquet d ’ Adoption . Les recettes choisies , des
# 338 / Mars 2024