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16 compagnons voyage

FORGER SON AVENIR en Roumanie

Grâce au programme Erasmus Pro , Brandan Jarry , dit Beaujolais , Aspirant serruriermétallier , a eu l ’ opportunité d ’ aller se perfectionner une année à Þibãne º ti dans le nord-est de la Roumanie . Aux côtés de deux autres jeunes , un itinérant et un Compagnon , il enseigne actuellement les rudiments de son métier à de jeunes roumains et répond aux commandes d ’ architectes locaux . De son apprentissage à cette expérience originale , sa passion pour la forge a été son moteur .

A rrière-petit-fils d ’ un forgeron , depuis que je suis enfant , je suis attiré par la forge . À l ’ âge de 8 ans , lors des journées du patrimoine , des forgerons de la SNECMA m ’ ont permis de m ’ y essayer , ce qui m ’ a énormément plu . En classe de 3 e , j ’ ai fait un stage dans une ferronnerie d ’ art à Lyon , pendant lequel j ’ ai été immergé dans la réalité du métier . Cela a renforcé ma volonté de devenir serrurier-métallier . J ’ ai eu cette chance d ’ avoir toujours su ce que je voulais faire plus tard . Mais , au début , mes parents étaient opposés au fait que je suive cette voie .

Je suis venu au compagnonnage parce que mon père , notamment , avait côtoyé des Compagnons lorsqu ’ il travaillait dans le milieu de la construction . Le plus compliqué a été de trouver une entreprise car , étant né fin novembre , j ’ avais alors seulement 14 ans en sortie de 3 e . Les patrons ne voulaient pas d ’ un apprenti de cet âge-là , puisque l ’ âge légal d ’ embauche est de 15 ans . Mon ancien collège m ’ ayant établi une convention de stage pour les trois mois et demi restants jusqu ’ à mon anniversaire , j ’ ai pu intégrer une entreprise de serrurerie courante . Initialement , je voulais résider à la maison de Lyon pour être « dans le bain ». Ma logique était que j ’ allais partir de la maison pour gagner ma vie , mais mon employeur ne me payant que 30 % du SMIC , je n ’ avais pas les moyens de payer ma pension et j ’ ai donc débuté comme externe .
Beaujolais , Sébastien et Breton avec trois de leurs élèves de deuxième année .
UN DÉPART SUR LES CHAPEAUX DE ROUE J ’ ai toujours pensé que je partirais sur le Tour de France . Pourtant , j ’ ai été pris de court en fin de première année quand mon maître de stage m ’ a demandé , ainsi qu ’ à un autre apprenti de ma section , si l ’ on désirait se lancer . Même si initialement je pensais me décider en seconde année , je n ’ ai pas réfléchi et ai acquiescé d ’ emblée . Mon camarade et moi avons été adoptés le 21 octobre 2017 . À la demande de la chambre de Saint-Étienne , nous avons fait ensemble lors d ’ un stage deux pièces pour un seul ouvrage : une grille de défense pour les fenêtres des cuisines de la cour intérieure de la maison . Cela n ’ a pas été sans mal : pendant deux semaines nous ne sommes pas sortis de l ’ atelier ! Outre les difficultés techniques , nous devions parvenir à nous entendre et à accepter nos erreurs respectives . Mon binôme avait plus de métier que moi : en fin d ’ apprentissage , j ’ avais à mon actif un an de traitement de surface , une demiannée de pose et autant de fabrication , d ’ où des lacunes . De ce fait , quand je suis arrivé dans ma première ville en tant qu ’ itinérant , je n ’ avais pas confiance en mes capacités .
# 307 / Mai 2021