22 compagnons découverte
COMPAGNON MÉCANICIEN et apiculteur
De la mécanique à l ’ apiculture biologique , il y avait plus d ’ un pas , franchi allègrement par Thierry Porteau , Saintonge la Clef des Cœurs , Compagnon mécanicien et sédentaire à Muizon . Celui-ci revient sur le parcours qui l ’ a mené à cette activité passionnante et sur les particularités de la production biologique .
M on père qui travaillait la terre m ’ a mis très tôt sur les tracteurs : cela m ’ a donné à l ’ époque le goût des moteurs , à défaut de celui de l ’ agriculture . Cela peut paraître un cliché , mais de nombreux mécaniciens étaient issus du milieu agricole : souvent , l ’ aîné reprenait l ’ exploitation , tandis que le cadet devenait mécanicien . Mes parents auraient bien aimé que je reste dans l ' agriculture , mais j ’ ai préféré la mécanique . J ’ ai eu envie d ’ entrer chez les Compagnons du Devoir , influencé par deux copains devenus apprentis , boulanger pour l ’ un et mécanicien pour l ’ autre , et par l ’ un de mes professeurs du lycée professionnel de Saint-Jean-d ’ Angély où j ’ ai effectué ma formation initiale . Cet établissement avait pour tradition d ’ envoyer chaque année un maximum de jeunes sur le Tour de France .
DES CONCESSIONS À LA FORMATION Je suis donc arrivé chez les Compagnons du Devoir en 1997 comme stagiaire et ai été reçu en 2001 à Toulouse . Mon Tour de France m ’ a offert de nombreuses expériences : lors de ma première étape , j ’ ai travaillé dans une concession poids lourds , avant de faire de la prestation de service l ’ année suivante sur des machines variées . Par la suite , j ’ ai été employé par un négociant en vin bordelais pour gérer la totalité de ses machines : pressoirs , tracteurs et même son propre bateau de plaisance ! Puis , j ’ ai travaillé dans une concession à Rodez , avant de tenir seulement 15 jours dans le bureau d ’ études
Travail avec le vivant .
d ’ une entreprise de matériel vinicole ! J ’ ai enchaîné par une entreprise de prestation de service au contact d ’ une large clientèle . Cependant , à un moment de mon Tour de France , j ’ en ai eu assez de travailler avec les agriculteurs ; j ' avais envie d ' autre chose .
En 2002 , un an après ma Réception , on m ’ a proposé une gâche de formateur à Muizon que j ’ ai acceptée . Par la suite , je suis retourné dans une entreprise classique où j ’ intervenais sur des groupes électrogènes . J ’ effectuais alors beaucoup de déplacements , notamment en Europe et en Jordanie , mais sans plus aucun contact avec le milieu agricole . Ensuite , je suis devenu responsable d ’ agence avec des missions commerciales et finalement responsable d ’ atelier d ' une concession de matériels agricoles , poste dans lequel je me suis vraiment épanoui au contact de la clientèle et cela même si je me retrouvais régulièrement entre le marteau et l ’ enclume ! La dizaine de techniciens que je chapeautais se rendaient chez les clients ou bien ces derniers nous amenaient leurs machines à l ’ atelier . Il fallait alors impérativement respecter les délais , qu ’ il s ’ agisse de maintenance ou de réparation . À cette époque , en 2007-2008 , j ’ ai acquis mes premières ruches par le biais de connaissances , jusqu ’ à en avoir 50 au bout de trois ans . Arrivé à la 51 e ,
# 298 / Juillet-août 2020