rendre la monstration plus acceptable voire plus supportable. Autre idée mais qui découle de la précédente: c’ est que nous sommes donc amenés à vivre avec l’ idée de la mort. Je vous ai parlé de rituels, les sociétés mettent en place toute une série de rituels qui permettent notamment des passages d’ un état à l’ autre. J’ ai parlé de la crise qui est un moment de passage à un autre état, la mort, qui est aussi un moment de passage à un autre état. Ce qui permet de remplir toute une série de fonctions, d’ intégrer le passage, de donner un apaisement, par rapport à la suite, d’ accepter ce passage, de ne pas le passer seul. Il y a une idée d’ accompagnement, qui permet une réorganisation; notamment quand une famille perd un proche. Dans ce cas des dispositions sont à prendre, qui viennent de surcroit, qui sont pénibles mais qui sont en même temps inévitables Elles permettent- très important pour l’ être humain, puisque nous avons un cortex préfrontal qui permet de se projeter dans l’ avenir- de pouvoir se projeter dans un futur vivable. Ceci renvoie aussi à la notion de travail de deuil. On pensera ici aux travaux fondateurs d’ Elisabeth Kubler Ross, qui avait accompagné des mourants, qui a été pionnière dans ce domaine et qui a décrit toute une série d’ étapes par lesquelles généralement on passe lorsqu’ on est confronté à l’ idée de mort. Que ce soit pour soi ou pour des proches. Une autre idée est celle de commémoration et de mémoire. Comment perpétuer le mort? Evidemment il ne s’ agit pas de monstrations de corps mais de rituels autour de monuments funéraires. Et l’ enfant dans tout ça? Est-ce qu’ il faut lui montrer des choses qui peuvent représenter l’ idée de mort? Ce qu’ il faut bien comprendre c’ est que les enfants ne sont pas, n’ abordent pas la mort de la même façon que les adultes. Ils usent davantage que nous d’ un phénomène psychique bien connu qui s’ appelle le clivage, qui consiste à méconnaitre une partie d’ une réalité parce que cette partie-là n’ est pas assimilable, du moins immédiatement. Quand elle n’ est pas supportable par exemple lors de l’ annonce à un enfant de la mort d’ un de ses parents. A la stupeur générale, après un moment de réflexion l’ enfant retourne jouer avec ses lego ou demande à manger. Ce qui est parfois mal compris, mal interprété par les adultes. C’ est parce que l’ enfant doit assimiler la réalité par petits paquets, par petits morceaux. Il clive, il laisse maturer et puis il va revenir et il va prendre un morceau si je puis dire, jusqu’ au moment où il peut à son rythme, métaboliser le choc. C’ est un phénomène qu’ on retrouve aussi chez les adultes mais de façon moins marquée. Chez l’ enfant, la mort peut être assimilée à la notion d’ abandon, de punition ou encore à la notion de méchanceté. On tue les méchants. Ça c’ est typique dans le discours des enfants. Autre idée que je souhaite semer, dans l’ assemblée, c’ est qu’ évidemment l’ attitude, mais je pense que ça a dû être évoqué ce matin, par rapport à la mort varie selon les époques mais aussi selon les cultures. Certaines cultures que ce soit en Chine ou en Amérique du sud, acceptent que l’ on aille manger au cimetière avec les morts. On leur sert même un verre mais c’ était vrai à une certaine époque chez nous au Moyen Age. On y faisait le marché à une époque apparemment beaucoup plus religieuse pourtant. Donc le rapport à la mort a changé. Alors et quid de l’ adulte? Dans tout adulte il y a un enfant et un enfant dans l’ adulte. Mélanie Klein psychanalyste pour enfant, disciple de Freud, et une thérapeute belge, thérapeute familiale, Edith Thielemans ont réfléchi à l’ enfant dans l’ adulte L’ idée à retenir ici est que la pensée infantile à propos de la mort subsiste dans l’ inconscient collectif et dans l’ adulte. Ce qui m’ amène à parler de Mélanie Klein est le fait qu’ elle a évoqué la notion de mauvais objet qui est en fait une théorisation de et comment l’ enfant essaye de cerner dans son psychisme, l’ ensemble des expériences de frustration voire d’ effroi qu’ il a rencontrées. Alors, qu’ est-ce qu’ on peut faire avec ces mauvais objets? Et bien on peut les projeter vers l’ extérieur. Et une façon de les projeter c’ est dans l’ inconscient
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