collectif des films, dans le monde littéraire et cinématographique notamment. Une autre idée aussi est que dans notre société contemporaine, la mort physico-psychique serait une contre-valeur dans une société de performance. Alors pourquoi montrer et regarder les morts? Il y a des raisons à ça, objectives et valables, sans doute. Je pose la question en tout cas: maîtriser l’ idée de la mort est-il de l’ expulser? S’ agit-il de faire le deuil? On a indiqué combien il est important de retrouver les corps pour faire le deuil, ça été évoqué par l’ orateur précédent. S’ agit-il d’ expier, de purifier? S’ agit-il d’ édifier, de montrer? Aussi d’ informer? De mettre en garde? Je pense qu’ on a de plus ou moins bonnes raisons de montrer des corps morts. Dès lors qu’ on montre des corps il faut voir le contexte dans lequel ils sont montrés. Je vais prendre un exemple: dans un contexte médical,- j’ aurais pu représenter un squelette dans un cabinet médical – il n’ est pas lu, par celui qui le voit de la même façon que s’ il trouvait ce squelette dans sa cuisine. Léonard de Vinci, a à la fois fait acte de science et d’ art dans ses schémas de corps ou de morceaux de corps. Il faut bien se rendre compte qu’ il a dû observer des corps disséqués, des corps morts. Alors, pour paraphraser Magritte, ce codage permet finalement une lecture paradoxale,: « ceci n’ est pas un cadavre ». Un code encadre ce qu’ on voit qui rend le corps acceptable, et pas effrayant du tout. Ici pour Julius Koch, c’ est le caisson en bois et le contexte du musée qui vient faire office de code. Alors, ce qu’ il faut contourner c’ est l’ idée de vivre dans l’ idée de la mort par tout ce qui est consécutif à des actes horribles, l’ intention de nuire, tout ce qui est négationnisme et refus de reconnaitre des faits horribles. Là, on est évidemment dans des images qui nous plongent dans l’ idée de vivre dans la mort; le mortifère. Ce qui est aussi dans l’ idée de la mort, en tout cas de mon point vue, c’ est tout ce qui concerne, on l’ a évoqué tout à l’ heure, la marchandisation de la mort. Pourquoi ne pas montrer ni regarder le corps mort? Banalisation? Glorification? Mercantilisme? etc. On a évoqué aussi tout à l’ heure l’ exhibitionnisme et le voyeurisme. Si on prend l’ actualité, faut-il montrer la décapitation des otages par les islamistes? En conclusion de mon propos, en principe la monstration de corps morts ne provoque pas en soi de traumatisme psychique. Ceci dépend de l’ importance du contexte de la monstration. J’ évoquais la notion de code tout à l’ heure. L’ importance de l’ intention de la monstration: pourquoi on montre? on a vu que l’ intention de nuire était délétère et que de toute façon il faut toujours accompagner les enfants. Pour terminer sur une note pas trop mortifère: la mort sublimée, je vous propose de terminer en termes d’ humour. Si vous allez sur internet vous allez trouver des illustrations à profusion où on reconnait notre Kroll national, Gotlib et son Super Dupont, et puis aussi la danse macabre de Saint Saëns, une œuvre bien connue, le dormeur du val de Rimbaud ou une piéta, donc qui sont des représentations de la mort mais ici tout à fait, ici, esthétiques. Voilà, je vous remercie de votre attention.
Intervenant:
Je voulais juste appuyer ce qui a été dit, comme je l’ ai dit dans mon exposé tout à l’ heure sur le musée de l’ anatomie, il y a parfois des classes avec des élèves relativement jeunes qui viennent visiter le musée d’ anatomie, de notre laboratoire à l’ ULB. Ce musée ne se visite que par groupe encadré par un membre du corps enseignant. Quand quelqu’ un va voir une exposition de Von Hagen, il n’ y pas d’ accompagnement pédagogique! Chez nous je n’ ai effectivement jamais rencontré de traumatisme psychique, des corps sont démontrés à des fins scientifiques avec un encadrement explicatif et c’ est l’ importance du contexte d’ accompagnement pédagogique de toutes les conditions anatomiques.
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