Compétences
Voilà le contexte. Nous sommes vraiment à côté de la Seine, d’ où la question du sol qui n’ est pas très bon. Voilà des photos du bâtiment existant, avec cette maçonnerie qui va varier en épaisseur selon les étages. On a des murs de 60 centimètres sur les parties basses, à 30 sur les parties hautes. Le bâtiment présente beaucoup de pathologies, pas forcément directement au niveau des façades. Il n’ y a pas beaucoup de fissurations dans les enduits, mais les planchers ont été surchargés.
C’ est une typologie constructive avec une charpente marine, c’ est-à-dire de grosses poutres en chêne en 50 × 50, qui portent de pignon à pignon et qui vont supporter un plancher en solivage. C’ est une typologie assez habituelle des bâtiments de cette époque. Les planchers étaient fortement dégradés parce que surchargés. Des poutres ont claqué. En plus des problématiques thermiques, il y avait une problématique constructive et structurelle pour renforcer ces planchers et trouver comment intervenir sur ce type de bâti. On a un objectif de performance. On a des matériaux existants qui ont une certaine qualité. On va essayer de trouver la solution adaptée pour atteindre l’ objectif et conserver les qualités du bâtiment existant.
Pour nous, les qualités sont les qualités patrimoniales de la façade, avec des enduits à la chaux, pas de nature très compliquée. Il y a quand même un petit dessin de façade, avec des bandeaux et des corniches. Il y a un mur perspirant. Il y a des qualités thermiques intérieures, avec l’ inertie apportée par la pierre.
L’ objectif est de se dire: il faut améliorer les performances et donc apporter un peu d’ isolation. C’ est le premier constat. Mais il faut aussi pouvoir conserver cette qualité constructive. On ne veut pas forcément couper l’ inertie intérieure. On va donc aller chercher des matériaux qui permettent de concilier la performance thermique et les qualités climatiques intérieures en conservant l’ effet d’ inertie.
Voilà le projet, avec le corps principal sur la gauche et la petite aile en retour qui va être construite avec une charpente métallique et du béton fibré. Sur la vue arrière, on voitles deux éléments( voir illustration P4.6).
L’ organisation en plan est simple. C’ est pour comprendre un peu les principes. C’ est un bâtiment de 8 × 8 mètres, avec la voûte centrale. On est sur une typologie avec deux petits logements par étage. Ce sont des logements pour la préfecture de police, pour les policiers qui arrivent à Paris et qui passent quelque temps dans ce logement, provisoirement, avant de s’ installer plus durablement.
Le contexte: j’ ai déjà parlé des objectifs. À quoi devons-nous faire face? Nous sommes dans un bâtiment existant. La réglementation thermique, au-delà du Plan Climat, est la réglementation thermique des bâtiments existants. On est sur un bâtiment antérieur à 1948. On est sur la RT élément par élément. On n’ a pas forcément le calcul de performance globale à faire. On le fait dans le cadre du Plan Climat, parce qu’ on a des attentes de la part de la maîtrise d’ ouvrage.
Un point important: dans cette RT élément par élément, il y a une petite particularité. Les résistances thermiques minimales ne sont pas applicables aux murs de maçonnerie ancienne. Le texte est écrit un peu différemment. On n’ est pas obligé de répondre au R minimum, qui a varié selon les années et qui est aujourd’ hui à 2,9 ou 3,1. On va essayer d’ atteindre un objectif global, mais on n’ est pas contraint par cette donnée. C’ est assez fondamental. Aller chercher des matériaux qui vont essayer de répondre aux exigences que j’ ai données, cela va être des matériaux un peu différents. En l’ occurrence, c’ était un mélange chaux-chanvre, du béton de chanvre. On va appréhender cette problématique sans ce curseur, ce qui est déjà un premier point non bloquant, mais qui peut l’ être dans certains projets. On va donc faire notre calcul thermique pour atteindre ces 80 kilowattheures en dimensionnant l’ épaisseur de béton de chanvre.
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73 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL