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Compétences
Petit aparté sur le mélange chaux-chanvre: un mélange de chènevotte, de paille de chanvre, de chaux majoritairement aérienne— il peut y avoir aussi de la chaux hydraulique— et d’ eau, pour faire une espèce de torchis de chanvre, qui permet d’ apporter de la résistance thermique et de l’ inertie. C’ est un matériau qui va peser environ 300 kilogrammes par mètre cube et qui aura une conductivité 2 fois moins bonne qu’ un isolant en laine souple.
Pourquoi cette solution? C’ est un schéma fait par l’ agence Dumont Legrand, les architectes. On a un bâtiment avec de la maçonnerie. Je vais expliquer un peu après cette problématique d’ intervention par l’ intérieur, dans le bâtiment patrimonial, qui va impliquer de régler des problématiques de point de rosée et donc de mettre des membranes freins vapeur, de faire une étanchéité à l’ air intérieure et d’ être dans une logique de bâtiment étanche qui est antinomique avec le fonctionnement initial. On va plutôt rester dans la logique du bâtiment immersif, ou perspirant, plutôt que du bâtiment étanche. Dans un bâtiment neuf, c’ est plus adapté; dans le patrimonial, encore plus.
C’ est ce qui est expliqué par ces petits schémas( voir illustration P4.7), je pourrai l’ expliquer de façon plus précise sur le dernier projet: prendre en compte le comportement spécifique de la pierre, qui sur le papier présente une résistance thermique qui n’ est pas forcément très bonne mais qui, dans la réalité, a un fonctionnement bien différent par son fonctionnement dynamique qui apporte plus de résistance thermique.
Pour revenir sur la question de la réponse constructive, je vais commencer à parler des épaisseurs existantes. On a un mur en maçonnerie de 30 à 60 centimètres, avec des épaisseurs d’ enduit côté extérieur qui varient entre 5 et 7 centimètres, donc des enduits assez épais. Côté intérieur, c’ est plutôt 3 à 4 centimètres.
Au moment du ravalement de façades, on va purger les enduits existants et on va récupérer de l’ épaisseur. On a profité de cette épaisseur pour, en plus de l’ intervention côté intérieur, ajouter un enduit isolant côté extérieur. Cela ne porte pas forcément énormément de résistance thermique en plus, mais c’ est quand même de petites adjonctions qui vont nous permettre d’ être dans une optimisation assez précise. Ce sont des matériaux qui vont coûter un peu plus cher; on va devoir mettre la juste quantité. Dès que l’ on peut avoir une intervention ciblée hyper intéressante, on positionne ce curseur pour être le plus optimal possible. plancher. Ensuite, on aura un complément d’ isolation intérieure en béton de chanvre, de 10 centimètres, plus la finition enduite de 1,5 centimètre.
Autre point important: nos 10 centimètres de béton de chanvre font 5 centimètres de laine classique. Ce n’ est pas énorme. Il y a toujours la question: au niveau calculatoire, comment arrive-t-on à faire passer cela? En l’ occurrence, c’ est moi qui fais les calculs thermiques depuis des années. Il n’ y a pas de magie. On est très pragmatique. Il y a une notion importante à retenir: la globalité de l’ enveloppe.
Il y a la résistance thermique pure, mais cette résistance thermique compte pour une partie des déperditions. Il y a aussi tout l ' à-côté: les ponts thermiques au niveau des menuiseries et des planchers. Ces paramètres ont autant d’ importance que ce qui va se passer au niveau des parois pleines. On verra cela avec le projet suivant, qui connaît les mêmes problématiques.
Nous prenons donc en compte cette notion d’ intervenir dans la globalité, mais aussi que le pont thermique est aussi un différentiel. Il est d’ autant moins marqué que l’ isolant est mauvais. Finalement, on va lisser ce calcul sur la globalité pour arriver à cet équilibre ténu entre les déperditions d’ enveloppe qui permettront d’ atteindre cet objectif de 80 kilowattheures, dans lequel il y a le chauffage, mais aussi l’ eau chaude sanitaire, l’ éclairage et les auxiliaires de ventilation et de chauffage.
Voilà la solution que l’ on a établie pour ce projet( voir illustration P4.8).
Petit aparté: les planchers ont été refaits à neuf. On avait voulu conserver les solives. L’ entreprise avait répondu à l’ appel d’ offres en les conservant mais, pendant le chantier, les a remplacés, malheureusement. On a tout de même conservé la logique de planchers en bois et de connexion avec les façades avec du bois et de la maçonnerie.
Si on reste dans les questions thermiques, le bois est 2 fois plus déperditif que le chanvre. Les rapports entre le bois et le chanvre ne sont pas trop différenciés, d’ où cette problématique du pont thermique.
Petit retour en arrière, quand j’ expliquais ces questions de « thermos ». Comment intervenir par l’ intérieur sur un bâtiment existant, face à de la maçonnerie? Ces diagrammes expliquent cette question de la condensation( voir illustration P4.9). J’ espère que ce n’ est pas trop barbare.
On va donc voir un corps d’ enduit isolant côté extérieur de 4 centimètres, qui recevra ensuite une finition de 2 centimètres d’ enduit chaux-sable, qui permettra d’ améliorer les ponts thermiques au niveau des jonctions de
Au départ, on a un mur qui est dans un équilibre assez ténu: les deux courbes de pression de vapeur se superposent. Tant qu’ elles ne se croisent pas, il n’ y a pas de condensation. Dans un mur en maçonnerie, il n’ y a pas
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