Ressources constat, l’ augmentation de la construction en pierre massive entraîne une surchauffe des carriers en France. Aujourd’ hui, on est en plein emploi. Il y a énormément de travail, un certain nombre de difficultés pour fournir la pierre en temps et en heure. C’ est un constat que je fais qui, je crois, est partagé par de nombreux professionnels, notamment architectes et constructeurs.
Il me semble que si l’ on veut construire d’ une manière vertueuse, le plus important est de gagner du terrain sur la construction en béton. Si l’ on gagne du terrain sur la construction en béton, je vous garantis qu’ il y aura besoin des carriers français et peut-être des carrières amies et limitrophes dans les pays européens comme l’ Espagne, le Portugal et l’ Italie.
Mme Gauzin-Müller.
Merci beaucoup. C’ était plutôt une réflexion qu’ une question, si j’ ai bien compris.
M. Lenczner.
Alistair Lenczner, directeur de l’ innovation projet chez AREP.
J’ ai une question sur le réemploi des blocs de pierre. Ce n’ est pas toujours facile de trouver comment mettre un bloc de réemploi dans la configuration d’ une construction nouvelle. Voyez-vous une pertinence de l’ intelligence artificielle pour mettre les blocs dans les nouvelles constructions? réemploi des matériaux dans les usines ou dans les carrières et du degré de mécanisation que l’ on met là-dedans. Ce qui est sûr, c’ est que l’ on a besoin d’ humain, d’ intelligence et de savoirfaire.
L’ intelligence artificielle a-t-elle sa place? Peutêtre, mais j’ ai l’ impression que, de manière générale, les acteurs qui portent ces sujets vont un peu à rebours du fait de délester à une intelligence artificielle ou à une machine le fait de prendre soin des choses. Cela ne veut pas dire que rien ne se fait. La première chose qui me vient en tête est la construction métallique: des charpentiers commencent à inventorier leurs stocks de manière informatique. Les profils en métal sont sondés sur leurs dimensions, leur nature, etc. C’ est encore expérimental. Ensuite, ils dessinent des charpentes pour des commandes et l’ intelligence artificielle— je ne sais pas si on peut l’ appeler comme cela— va mettre les bons composants au bon endroit de la charpente par rapport aux contraintes structurelles qui sont demandées pour chacun de ces éléments selon qu’ ils travaillent en compression, en traction, etc.
C’ est un lien intéressant à faire entre la question de la disparité des matériaux de réemploi auxquels on a affaire par rapport aux matériaux neufs et la façon dont on peut recomposer des choses avec. Peut-être que c’ est une piste à explorer. Je pense que l’ on ne peut pas s’ attendre à ce que l’ intelligence artificielle révolutionne la manière de faire du réemploi parce que, par nature, cela demande des mains savantes, pour reprendre l’ expression de Richard Sennett.
Mme Gauzin-Müller. Hugo, c’ est pour toi!
M. Topalov.
Je reviens d’ abord sur le constat. Là où le réemploi va infléchir un peu la manière traditionnelle de concevoir, c’ est qu’ au lieu de dessiner des choses, de les concevoir en chambre, puis d’ aller chercher des matériaux qui vont constituer nos dessins dans des catalogues de matériaux neufs, on part du matériau existant qui va informer la façon dont on conçoit avec. Cela change un peu les paradigmes et la manière de faire, pour le meilleur, nous pensons, parce que c’ est une opportunité incroyable pour l’ architecte de renouer avec beaucoup de choses.
Concernant l’ intelligence artificielle, on constate que, dans le secteur du réemploi de manière générale, ce qui est mis le plus en avant est l’ humain, qui travaille de concert avec la machine. Se pose la question de la façon dont on va mécaniser et industrialiser ou pas le
Mme Gauzin-Müller. Merci beaucoup, Hugo. Une dernière question?
M. Baillin. Sébastien Baillin, architecte.
Ma question s’ adresse à M. Raynaud. Comme on l’ a vu avec les scénarios de l’ ADEME, il y a une nécessité de changement d’ échelle dans la production de matériaux biosourcés ou géosourcés. Avez-vous une stratégie sur la pierre pour faire face à ce changement d’ échelle?
Ma deuxième question est par rapport à la formation des Compagnons, en rapport avec la personne qui disait que c’ était un marché tendu. Avez-vous une réflexion ou une stratégie pour augmenter la formation des Compagnons ou d’ autres acteurs?
64 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL