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Ressources
Vous voyez des photos qui illustrent les savoirfaire qui sont utilisés: la découpe avec des tapis de roulement et la préparation de surface de pierre principalement.
Un autre exemple dans la construction est une tour à La Défense devant laquelle je suis passé il y a 3 ans, qui était en rénovation. J’ ai visité les garages et il y avait des dalles en granit rose typiques des années 80, période à laquelle on a commencé à les voir. Je suis remonté jusqu’ à l’ entreprise qui s’ appelle Incomex et qui, depuis 5 ou 6 ans, fait son activité en récupérant du dallage de façade de pierre agrafée pour le revendre dans différents circuits de la construction. C’ est une petite activité, mais cela commence. Il existe beaucoup de types de pierres et d’ applications différents, mais la pierre agrafée a un gros potentiel en termes de réemploi pour le futur, parce que les types d’ attaches font que ce n’ est pas trop difficile à démonter. Les questions de rénovation énergétique qui vont amener à devoir démonter la façade pour l’ isoler par l’ extérieur vont mettre en mouvement de grandes quantités de matériaux. Cela vaut la peine de s’ y intéresser, même si ce sont des matériaux qui pâtissent d’ une image, qui est une construction culturelle, qui n’ est pas géniale. En l’ occurrence, c’ est le granit rose des bâtiments des années 80.
Ensuite, je voulais vous montrer cette carte qui est le résultat d’ une recherche que l’ on mène depuis 7 ans, qui a été initiée en Belgique par nos collègues de Rotor et qui a consisté à se dire: « On commence à beaucoup parler de réemploi. Ne pourrait-on pas regarder ce qui se fait déjà et quelles sont les entreprises qui existent, qui font circuler ces matériaux, donc qui sont spécialisées dans la récupération de ces matériaux et la remise en circulation dans le secteur de la construction? ». On a eu beaucoup de surprises. La première chose est que l’ on a un grand panel de matériaux, en termes de diversité et d’ application, qui est aujourd’ hui en circulation. les savoir faire, sur la matière, sur la manière dont on peut la transformer, la réparer et la réemployer. La dernière slide insiste sur les bénéfices des pratiques de réemploi. Ils sont d’ abord environnementaux. Le secteur du bâtiment est le plus gros producteur de déchets, le plus gros consommateur de ressources et l’ un des plus gros émetteurs d’ émissions de carbone. Il a aussi un impact sur la biodiversité et sur les sites d’ extraction. De ce point de vue, le réemploi est intéressant. C’ est aussi intéressant du point de vue socioculturel, parce que cela va récréer des emplois qui ont du sens. C’ est un sujet important de discussion et cela pourrait faire l’ objet d’ une conférence. L’ idée est de relocaliser les activités de production, mais cela a aussi un bénéfice culturel, parce que le réemploi va nous amener à regarder différemment ce qui nous entoure, notamment le patrimoine ordinaire, et à préserver toutes les valeurs dans les matériaux: historiques, patrimoniales, affectives.
On a regardé la barre HLM que je vous ai présentée précédemment un peu comme un temple. On a opéré à peu près la même chose que ce qui s’ est fait dans ce temple, à une échelle moins importante. Le grand enjeu pour nous est de voir comment le réemploi est à la croisée des questions de conservation patrimoniale et des questions environnementales. C’ est un champ qu’ il faut continuer à explorer et à faire avancer.
( Applaudissements.)
M. Le Bihan.
Merci pour ta présentation, Hugo, et pour avoir conduit ces beaux projets.
Je vous propose de prendre quelques questions.
Le deuxième constat est que ces entreprises sont très peu visibles par les professionnels de la construction. C’ est pour cette raison que l’ on a fait un annuaire consultable en ligne, gratuit, qui s’ appelle Opalis, qui permet de trouver facilement et localement des matériaux de réemploi pour les mettre dans son projet, que l’ on soit architecte ou maître d’ ouvrage. Ce sont principalement des TPE et des PME, un peu comme la filière des carrières, plutôt dans une activité en stagnation et un peu incertaines quant à leur futur. Ce sont beaucoup d’ entreprises familiales et d’ entreprises qui existent depuis bien plus longtemps que lorsque l’ on a commencé à parler de réemploi. Cela souligne le fait que le secteur de la restauration patrimoniale, qui est très représenté parmi ces entreprises( environ un tiers), peut beaucoup nous apprendre, nous constructeurs contemporains, sur la façon de faire et sur tous
M. Guimon.
Emmanuel Guimon, de l’ agence Aristée Architecture à Tours. Je connais donc Sanitas.
Je voulais échanger un peu sur mes expériences avec les pierres du Sanitas et poser une question. Pour mémoire, à Tours, on a une grande expérience du réemploi, puisqu’ une partie de la ville a été reconstruite sur la base de la basilique Saint-Martin ou de l’ abbaye de Marmoutier.
J’ ai réalisé deux concours où j’ ai voulu réutiliser les pierres du Sanitas. Dans les deux cas, cela a été un échec, puisque je me suis retrouvé avec des coûts beaucoup plus chers— c’ est ce que vous démontriez, mais c’ est pour que ce soit plus clair pour tout le monde— dans le sens où le coût peut être similaire quand on réutilise
58 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL