Ressources pose jointée pour essayer de gérer ces écarts. Calepiner avec le maçon et avec l’ architecte était la première étape.
Le deuxième point intéressant était la question du nettoyage. Ils se sont rendu compte que c’ était beaucoup plus économique de nettoyer les pierres après avoir monté le mur que de les nettoyer sur notre chantier de démolition. Sur notre chantier de démolition, cela rajoutait une complexité au chantier. Il fallait manipuler les blocs pour les nettoyer sur toutes leurs faces, donc cela prenait du temps. Ensuite, il fallait nettoyer toutes les faces des blocs. En première approche, on s’ est dit: « on va réemployer des blocs de pierre, donc autant les nettoyer partout et les livrer six faces nettoyées ». En l’ occurrence, ils les ont installés avec les restes de mortier sur la plupart des faces périphériques, puis ils ont nettoyé avec un chemin de fer l’ ensemble de la surface du mur une fois qu’ il était monté, et ils ont bouché les joints qui nécessitaient d’ être bouchés avec du mortier.
On a donc eu des gains assez importants sur le plan économique et en termes de facilité de mise en œuvre. Par rapport aux chiffres que je vous ai montrés avant, on n’ était plus à 500 euros du mètre cube pour le réemploi, mais à 350 euros, donc c’ était assez habile de la part du concepteur et du maçon. Je ne devrais pas dire « maçon », parce que c’ est une entreprise de VRD qui a répondu à cet appel d’ offres. J’ ouvre un sujet qui peut mener à une discussion: la capacité et la volonté des entreprises à répondre à ce genre de marché public pour des choses qu’ elles ne savent pas forcément faire pour la plupart. La preuve en est, c’ est une entreprise de VRD qui a remporté le marché, la seule à jouer le jeu et à se lancer.
Vous voyez d’ autres photos de la mise en œuvre avec des blocs qui sont nettoyés sur toutes les faces. Il y a une question d’ apprentissage et de montée en compétences dans ces projets. On s’ aperçoit que les acteurs découvrent en faisant. C’ est parfois difficile parce que c’ est nouveau, mais à la fin, la plupart des acteurs sont embarqués, satisfaits et très enthousiastes parce que ces questions de réemploi les amènent à décaler leur vision habituelle de la chose et à s’ intéresser à de nombreux sujets passionnants.
Concernant le dernier projet, le chantier vient de commencer. C’ est encore une ambition au-dessus. On travaille avec la même agence d’ architecture, Petit Œuvre, qui va remettre en œuvre les murs en porteur, toujours dans du logement social, avec un principe de mur massif situé derrière un vitrage et à l’ intérieur des appartements, à côté des poêles, pour améliorer les qualités thermiques de la façade, profiter de l’ inertie de la pierre, mais aussi répondre à la contrainte de l’ ABF qui voulait de la pierre en façade et améliorer la qualité du logement intérieur, puisque vous avez des murs en pierre de taille dans votre séjour. C’ est assez intéressant et l’ on attend de voir ce que cela va donner.
Le dernier chantier peut paraître anecdotique, mais embarque avec lui beaucoup d’ autres missions intéressantes. Que fait-on des restes? Quand on fait un chantier de démolition, c’ est complètement illusoire de se dire que l’ on va pouvoir tout récupérer en bon état. On a toujours des blocs et des matériaux qui sont cassés et qui ne sont pas récupérables, donc la question est de savoir ce que l’ on en fait. On s’ est dit que, dans ce grand quartier de logements sociaux réaménagés, il y avait des espaces publics extérieurs à redessiner, parce que les limites entre public et privé bougent. C’ est ce que l’ on appelle la résidentialisation. On a invité une association qui s’ appelle ELIPS, l’ association itinérante de la pierre sèche, qui est venue avec des habitants du quartier construire des murs en pierre sèche, avec les techniques traditionnelles de la pierre sèche, et former des gens à ces métiers pour fabriquer des murets extérieurs pour tous ces espaces.
On constate que le réemploi, mais c’ est peutêtre un biais parce que notre pratique chez Bellastock est beaucoup axée sur ce sujet, est un prétexte pour former, sensibiliser et impliquer des acteurs non professionnels à l’ acte de construire. Cela peut être des habitants, des étudiants, des gens différents, et cet exemple en est une bonne illustration. Cela me permet de faire une petite parenthèse pour vous parler du festival Bellastock qui aura lieu en septembre, dont nous sommes très contents qu’ il puisse impliquer aussi les Compagnons tailleurs de pierre. On va développer des choses de cet ordre comme on l’ a fait l’ année dernière. Cela a très bien fonctionné et nous en sommes très contents.
On a un autre exemple à Nantes, sur la ZAC Mellinet. L’ opération a commencé en 2017. On aménage un quartier de logements. Plusieurs casernes se trouvent sur le site et l’ une d’ elles doit être démolie. On se dit avec l’ équipe d’ architectes qui travaille sur ce projet, Atelier Georges, qu’ il y a un parc et des espaces publics à aménager et que l’ on va les aménager avec les matériaux qui constituent cette caserne. Il y a un imaginaire à déployer pour détourner l’ usage initial des matériaux, par exemple prendre une voûte de fenêtre, la retourner et en faire un chemin d’ eau pour un parc. Vous voyez quelques images du projet qui montrent qu’ en termes d’ aménagement extérieur et d’ espaces publics, la pierre de réemploi a un bel avenir devant elle( voir illustration P3.14).
On a aussi profité de cette déconstruction et du temps qui séparait la déconstruction de l’ aménagement du parc, qui était long( cinq ans), pour se dire qu’ on allait faire de ce stock, qui est d’ habitude une contrainte, un avantage pour le projet. On a disposé les blocs de pierre de la caserne sous forme d’ architecture de
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