Contexte on peut lire comment le choix de la pierre en structure remet en question non seulement la façon dont nous construisons habituellement, mais promeut également un basculement de valeurs qui dépassent les limites de la discipline. Ces valeurs sont largement liées à des notions de la modernité comme l’ abondance, la régularité, la nouveauté ou la performance. C’ est autour de ces questions et de ces notions que la recherche sur le renouveau de la pierre mériterait, à mon sens, d’ être développée davantage et dans la pratique.
J’ espère que ce panorama rapide d’ observations européennes apportera de la matière pour notre discussion aujourd’ hui. Je vous remercie pour votre attention. moins 30 mètres carrés par jour, l’ équivalent d’ un semi-remorque. Normalement, il n’ y a pas besoin de rhabiller de placo ensuite. On est capable de faire des produits finis de très grande qualité.
Il faut prendre des entreprises qui ont des références, qui connaissent le métier de la pierre, et promouvoir un peu mieux notre profession. N’ ayez crainte, les Français savent construire en pierre massive. On construit de plus en plus. Je ne dis pas de mieux en mieux, parce que ce sont des métiers où, si l’ on prend de bons professionnels, il n’ y a pas de difficulté à travailler un matériau aussi noble que la pierre.
( Applaudissements.)
( Applaudissements.)
M. Le Bihan. Merci beaucoup, Natalia, pour ta présentation.
On a 10 minutes d’ échanges avec Natalia si vous avez des questions.
M. Devaux.
Christophe Devaux, société Granits et Matériaux. Nous sommes poseurs de pierre.
Merci pour votre présentation. Ce qui me rassure, c’ est que l’ on n’ a rien à envier à nos confrères européens quand je vois les photos qui ont été montrées. Je rassure les maîtres d’ ouvrage et les architectes, j’ étais assez stupéfait que l’ on mette un temps infini en Suisse à monter des bâtiments comme cela et que l’ on soit obligé de faire du ravalement pour essayer de rattraper la misère, ou de faire du placo à l’ intérieur en Espagne pour limiter la casse sur la pierre qui devait être apparente.
C’ est un métier qui s’ apprend au fur et à mesure. Les Compagnons du Devoir sont là pour accompagner les entreprises. Ce sont des métiers en tension, donc nous formons nousmêmes nos propres Compagnons avec des gens qui ont de l’ expertise et que nous formons au fur et à mesure. Cela prend beaucoup de temps. Nous sommes demandeurs d’ avoir des Compagnons, pas forcément en pierre de taille parce que si l’ on veut rester dans une économie intéressante, il faut industrialiser le process. Pour revenir à ce que vous disiez précédemment, on arrive à industrialiser le process avec les carrières du Bassin parisien. Généralement, on utilise des épaisseurs de 23 centimètres, avec des hauteurs d’ assise qui varient, en fonction des calepins des architectes, entre 60 et 80 centimètres et 40 centimètres d’ épaisseur, ce qui est beaucoup. En moyens de levage, on utilise les grues à tour. Si l’ on veut être dans une économie intéressante, il faut que l’ on pose au
Mme Petkova.
Je tiens à préciser que cette provision pour recouvrir les murs intérieurs en pierre apparente avec du Placoplatre n’ a finalement pas été utilisée. C’ était en raison du caractère inédit d’ avoir cette finition à l’ intérieur des logements. C’ était une question esthétique et une question d’ habitude.
M. Le Bihan
C’ est un sujet intéressant qui est développé. C’ est un panorama à l’ échelle européenne et la France ne faisait pas partie des pays étudiés.
En lien avec la mécanisation de la production que vous évoquez, j’ avais retenu un sujet relatif à l’ expertise, parce que ce qui est questionné, ce n’ est pas tant le façonnage en amont, mais l’ expertise mise en œuvre sur le terrain. On pourrait tirer un parallèle avec la France. Toutes les entreprises de taille de pierre ne sont pas forcément missionnées sur les chantiers de construction en pierre. Ce sont aussi des entreprises de maçonnerie qui exécutent la mise en œuvre. On revient à une logique assez ancienne selon laquelle c’ était le maçon qui posait les cailloux du tailleur de pierre. Vous amorcez des synergies possibles entre les deux, où le tailleur de pierre peut se positionner pour accompagner. Hervé introduisait ce matin le rôle de l’ appareilleur, le concepteur pierre qui est tailleur de pierre et qui apprend à concevoir des façades et des ouvrages complexes avec son matériau.
Quelle synergie serait possible entre les deux? Serait-ce plutôt d’ avoir un appareilleur sur ces chantiers pour guider la production, mettre en place un système de formation ou de transfert de compétences, alors que le tailleur de pierre est resté attaché aux mêmes matériaux au fil des années? Comment voyez-vous cette synergie entre les deux ou cette bascule de compétences?
34 COLLOQUE- LA PIERRE, UN CHOIX SOCIÉTAL