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Contexte
Cette ouverture contemporaine dans un mur sur le campus universitaire permet de voir cette solution constructive, historiquement privilégiée pour des raisons d’ économie de matière et de coût, la pierre locale étant disponible en quantité très variable selon les époques.
La proposition des architectes est motivée par le désir de maintenir une continuité visuelle entre le nouveau bâtiment et son contexte de par l’ utilisation de la pierre, tout en améliorant la rapidité et la facilité de construction en employant une structure intérieure porteuse en panneaux de bois préfabriqués. Les façades et structures internes pourraient aussi être montées de façon indépendante. Par contraste, la proposition de l’ ingénieur structures de remplacer le mur extérieur autoporteur par un seul mur porteur en pierre visait avant tout la nouveauté à tout prix, puisque cette solution était jusqu’ alors inédite, et cherchait à optimiser la performance structurelle de la pierre seule au détriment d’ autres considérations. L’ évolution de la forme du bâtiment à laquelle j’ ai assisté sur le terrain suit clairement ces différentes interprétations de l’ innovation.

Je pense que la pierre nous invite à penser à la permanence ou aux permanences à nouveau.

Le huitième chapitre examine la manière dont les différents acteurs impliqués dans la conception du nouveau centre universitaire abordent la notion de la tradition. Contrairement à l’ interprétation stylistique faite par des maîtres d’ ouvrage de la tradition du classicisme du Downing College, axée essentiellement sur les ordres classiques et les éléments de sculpture, les architectes de Caruso St John proposent une interprétation centrée sur les matériaux et leur assemblage. Ils peuvent revendiquer des racines communes avec certains bâtiments néoclassiques sur le campus, ainsi que des bâtiments grecs anciens qui ont inspiré ces derniers, dans leur réponse rationnelle aux besoins et aux moyens de construction contemporains.
Ce cas britannique a révélé comment la forme des bâtiments en pierre de taille peut facilement suivre des interprétations stylistiques de l’ architecture historique avec ce matériau et courir le risque du pastiche. Elle peut aussi, comme le proposent les architectes de Caruso St John, s’ inscrire dans une tradition principalement basée sur une rationalité constructive. Cette rationalité constructive est susceptible de générer de nouveaux styles propres à notre époque qui vont peut-être aller au-delà des façades en pierre généralement très lisses que l’ on a encore tendance à voir. À titre personnel, je pense que repenser l’ ornementation des bâtiments en pierre de taille, à l’ aune des moyens contemporains, peutêtre en collaboration avec les Compagnons du Devoir, mériterait plus de recherche.
Dans le dernier chapitre, je m’ appuie sur les travaux de restauration effectués au Downing College pendant mon travail de terrain, avec l’ intention des architectes de Caruso St John de construire un bâtiment qui pourrait être utilisé pendant 200 ans.
Ce chapitre examine la grande capacité de la pierre à être réparée par rapport à d’ autres matériaux. Pour promouvoir la pierre comme un matériau vertueux d’ un point de vue environnemental, de nombreux acteurs utilisent la métaphore des bâtiments en pierre massive comme des carrières perpétuelles. Cela s’ inscrit dans l’ enthousiasme populaire pour le réemploi. Si la déconstruction des bâtiments en pierre et la réutilisation des éléments pour de nouvelles constructions, parfois appelées spolia, étaient des pratiques courantes de l’ Antiquité au 19 e siècle, il faut souligner qu’ elles étaient largement considérées comme un dernier recours. La réutilisation des bâtiments entiers en pierre par le biais de leur entretien demeurait l’ option privilégiée nécessitant beaucoup moins d’ énergie.
Ce chapitre explore comment la forme des bâtiments en pierre peut suivre la prédisposition du matériau à durer en privilégiant la polyvalence spatiale, la réparation, la déconstruction et le réemploi. Pour minimiser l’ entretien des bâtiments en pierre, les architectes gagneraient à se rapprocher des experts de la maintenance, mais aussi des géologues et des chimistes qui étudient la dégradation des pierres de construction. C’ est un domaine scientifique passionnant, à mon sens, qui montre bien en quoi la pierre n’ est pas inerte, mais en interaction constante avec son environnement. Quant à la polyvalence spatiale, savoir créer des espaces qui restent pertinents dans la durée … Je pense que la pierre nous invite à penser à la permanence ou aux permanences à nouveau.
En résumé, mes recherches sur ces trois terrains ont permis d’ identifier neuf façons d’ aborder la relation entre le matériau de pierre et la forme des bâtiments qui l’ emploient en structure aujourd’ hui. Cela s’ applique à des formes d’ espace, de structure, d’ assemblage, de surface et de bâtiment. Entre les lignes de ma thèse,
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