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Une fois les consommateurs fabriqués par le biais de la réforme agraire au profit des plus pauvres, les dragons de l’ Asie ont ensuite créé des sociétés publiques et mis sous surveillance les groupes privés. Objectif: ériger les champions nationaux. Les politiques étatiques ont créé une rude concurrence sur les marchés nationaux entre les opérateurs des mêmes secteurs, dans le but de les pousser à exporter. C’ est comme cela que ces derniers sont partis à la conquête du monde. Autre politique: la dictature étatique dans la régulation. Dans les pays cités, l’ Etat a obligé les plus petits à se vendre à très bas prix aux plus gros. C’ est comme cela par exemple, que Huawei, le géant industriel chinois des technologies liées aux télécommunications, s’ est renforcé pour aller ensuite raser d’ importantes parts de marché sur le continent africain. Le secteur financier a joué un rôle important dans la fabrication des champions nationaux du nord-est asiatique, selon Joe Studwell. Ici, pas de spéculation. Pas d’ investissements à court terme. Pas de place pour la favorisation des groupes étrangers. Tout s’ est résumé en la protection de l’ industrie locale. Plus l’ entreprise industrielle est prformante sur les marchés internationaux, plus elle reçoit des financements à l’ intérieur. En bout de course, ce sont donc les plus performantes qui ont reçu les soutiens des banques de leurs pays. Ces institutions financières ont reçu l’ ordre des Etats de pré-financer les productions des sociétés nationales pré-achetées à l’ extérieur. En contre-partie, ces banques se refinancent auprès des banques centrales au taux zéro.
Pour ne prendre qu’ une illustration à propos de cette politique
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de pré-financement, l’ on comprendra que les entreprises chinoises qui gagnent
Evidemment, tout cela s’ accompagne d’ une diplomatie économique offensive. Chaque ambassadeur de ces pays étudiés par Studwell, en dehors de Taiwan, ne se préoccupe pas des questions politiques. Son rôle: conquérir les marchés pour les champions nationaux de sa patrie. Et la devise de tout pays producteur de champions nationaux: consommer des produits du pays, quel que soit l’ endroit où on se trouve. Difficile de voir un Chinois s’ afficher avec du Samsung.
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les marchés de construction des infrastructures sportives dans les pays africains n’ aient pas besoin de financement des pays demandeurs pour effectuer les travaux. Car, l’ enveloppe est débloquée en général par Exim Bank China. L’ Etat bénéficiaire a l’ infrastructure, mais remboursera l’ argent avec intérêt. Le constructeur et la banque, tous chinois, réalisent leurs chiffres d’ affaires respectifs. Et pour renforcer cette façon de faire, ces Etats aujourd’ hui puissances économiques ont créé des banques publiques, à l’ instar de la New Bank of Korea, fondée en 1962 et mise sous tutelle du ministère sud-coréen des Finances. Ces institutions bancaires avaient et ont toujours un seul point dans leur agenda: financer les entreprises selon les priorités arrêtés par le gouvernement.
Autre axe de cette politique d’ érection des champions nationaux: l’ accès rapide à la technologie de pointe. En Asie du nord-est, les dragons en ont fait une opération
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de rattrapage. Pour eux, c’ était la clé pour faire partie des géants économiques du monde. Tout le système financier a été mobilisé dans ce dessein, aussi bien les entités publiques que privées. Le bilan de tout cela est que cette partie du monde est devenue le siège mondial de l’ industrie lourde et de celle de la technologie. Samsung pour la Corée du Sud et Huawei pour la Chine montrent qu’ ils sont le résultat d’ investissements à long terme. Tout cela est passé par la mise en place d’ une politique nationale de l’ enseignement supérieur. Laquelle, pour chacun des pays, a consisté à orienter massivement les apprenants vers l’ ingénierie et à financer la recherche technologique et scientifique. Comme par hasard, les plus grandes puissances économiques du monde concentrent également les meilleures universités à vocation scientifique ou technologique. |