PSYCHO...logique
par Laetitia CALVINO
Cette question vous brûle les lèvres, « mais que font les psychologues en entreprise ? ». Est-ce qu’il y a besoin de « soins psychiques » en entreprise ?
Depuis que les risques psycho-sociaux sont devenus une préoccupation, plus personne n’en doute même si les psychologues sont en entreprise depuis bien plus longtemps. Mais alors, pour y faire quoi ?
Depuis quelques années, nous pouvons retrouver des psychologues dans le monde du tertiaire. Ce qui est attendu d’eux c’est leur regard sur les situations professionnelles, interpersonnelles et organisationnelles dans le fonctionnement humain de l'entreprise. Le psychologue est dans une capacité d’écoute, de distanciation et d’analyse qui n’est pas négligeable quand on veut que son entreprise se porte bien car, pour cela, il faut que l’humain s’y sente bien ! Le psychologue maîtrise également des outils comme l’évaluation, la communication et l’animation des groupes de parole ou de travail.
Son atout est donc de savoir articuler les besoins individuels dans une finalité de groupe où la part économique et managériale n’est pas des moindres. Le psychologue permet de réfléchir à la façon dont les salariés peuvent mobiliser leurs compétences et leurs savoirs dans une entreprise en mouvance où les tâches et les situations demandent une grande adaptabilité de leur part. On ne coache pas une équipe aujourd’hui comme il y a 20 ans ! Il y a donc une grande part de son travail qui se situe dans le préventif afin de réduire le plus possible les risques psycho-sociaux dont on parle tant dans les actualités et qui semblent laisser apparaitre que l’individu, en tant que salarié, peut souffrir au travail.
Sur les risques psychosociaux notamment, le psychologue du travail s’intéresse aux répercussions sur les individus de tous les changements dans les organisations internes. Dans la psychologie clinique du travail, le psychologue est sensible, dans cette approche singulière, aux processus psychiques mis en jeu dans l’activité avec l’objectif d’aider les salariés à trouver les ressources pour surmonter les difficultés du travail et en essayant de faire évoluer les organisations de travail. Ce n’est pas à l’homme, dans cette perspective, de modifier son fonctionnement pour s’adapter. Il n’y a pas ici de visées productives. Le but est de modifier son rapport au travail afin que les souffrances psychiques soient dans le champ du supportable. On parle bien ici de « santé au travail ».
Un dernier « mot » important pour les sophrologues, car nous savons que les mots que nous employons ont une signification particulière. Même si le terme burn-out est partout, je lui préfère celui d’épuisement professionnel. Ce n’est pas du chauvinisme de ma part mais plutôt de comprendre ce que le mot peut représenter pour celui qui le reçoit. Le « burn-out » signifie s’éteindre. Je peux donc donner l’impression à l’autre qu’il est au bout du bout. Dans le mot épuisement, il me semble que nous sommes dans l’espoir de reprendre des forces en mobilisant à nouveau ses ressources même si celles-ci ont été mises à mal. Le syndrôme d’épuisement professionnel est lourd pour celui qui le porte. Peut être est-ce utile de donner les bonnes béquilles sur lesquelles se mobiliser plutôt que d’appuyer sur la douleur ? A méditer !
Le psychologue du travail