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UN NOUVEAU CONCEPT AMBITIEUX POUR LA 20 e ÉDITION DES DÉFIS DU BOIS

COMPAGNONS Actualités

DE L ’ ASSOCIATION
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UN NOUVEAU CONCEPT AMBITIEUX POUR LA 20 e ÉDITION DES DÉFIS DU BOIS
Pour fêter leurs 20 ans d ’ existence , les Défis du bois ont évolué en 2024 , tout en restant fidèles à leur essence : le mélange audacieux des compétences des ingénieurs , de la créativité des architectes et du savoir-faire des Compagnons charpentiers du Devoir . Après plusieurs éditions axées sur les microarchitectures , les organisateurs - l ’ ENSTIB d ’ Épinal , l ’ ENSA de Nancy , l ’ INP Lorraine , l ’ Université de Lorraine et les Compagnons du Devoir - ont choisi le thème du jumelage pour le lancement de leur nouveau concept . En effet , Épinal célèbre cette année les 60 ans de son jumelage avec Schwäbisch Hall ( Allemagne ) et les 50 ans de celui avec Gembloux ( Belgique ).
Neuf équipes , composées de 4 à 5 jeunes ingénieurs , architectes et Compagnons du Devoir , ont été chargées de construire trois grandes structures réparties dans les trois villes jumelées , chacune étant réalisée par trois équipes .
La conception des projets a débuté en octobre 2023 et a nécessité plusieurs mois de travail avant leur mise en œuvre du 8 au 15 juin 2024 dans le parc du Cours à Épinal . Chaque structure devait pouvoir s ’ assembler avec ses deux jumelles . Destinées à être installées de manière permanente dans l ’ espace public , certaines parties de ces structures devaient pouvoir se déployer , s ’ animer ou encore revêtir un aspect interactif , tout en protégeant ou révélant une caractéristique du site d ’ accueil .
Les jeunes ont dû s ’ adapter au nombre limité de sections mises à disposition ( trois sections de douglas en 4 m de long : la planche de 27 × 200 , le chevron 60 × 80 et la panne 60 × 200 ) ainsi qu ’ aux contraintes de volume ( soit pas plus d ’ un cube de 6 m de côté ) et de transport . Les éléments devant être démontés à la fin de la manifestation pour être envoyés à Épinal , Schwäbisch Hall et Gembloux , les jeunes ont dû anticiper le remontage dans ces villes partenaires . Leurs éléments de structure ont dû être préfabriqués , permettant ainsi de réduire l ’ impact carbone des activités de construction .
Chacun des projets finaux reflète la ville à laquelle il est destiné : une construction à houppier et voile de 6 m de hauteur pour Gembloux , faisant écho à son beffroi de 35 m ; un abri à trois branches pour Épinal , en référence aux colonnades de sa Maison romaine où l ’ ouvrage est maintenant installé ; et , pour Schwäbisch Hall , une promenade en arc de cercle avec une toiture tripartite , inspirée des colombages de la cité .
Tout au long du chantier , les jeunes participants ont interagi avec le public , les journalistes et les nombreux groupes scolaires venus découvrir leur passion pour le bois . Cette nouvelle formule des Défis du bois a offert aux 45 « défiboiseurs », en plus d ’ un challenge technique , une expérience extraordinaire de partage et de créativité .
Découvrez les Défis du bois 2024 en vidéo : https :// youtu . be / h9Eu8FIpcVI
Les trois projets côte à côte .
Floriane Haan , Alsacienne Cœur Vaillant , Compagnon charpentière , mobilisée sur le projet destiné à Épinal :
« Dès mon apprentissage , j ’ ai été attirée par les Défis du bois , recommandés par mes maîtres de stage qui y avaient participé . À la rentrée , lors d ’ une réunion réunissant tous les Compagnons itinérants charpentiers , nous avons pu y candidater . Comme nous étions trop nombreux pour les 9 places , un tirage au sort a eu lieu .
Le cahier des charges du sujet , par ailleurs très intéressant , était moins strict que par le passé : avoir plus de latitude a un aspect enthousiasmant , cependant , sans trop de cadre , nous avons eu tendance à nous disperser . Dès octobre 2023 , les équipes ont débuté des réunions en visioconférence lors desquelles les itinérants charpentiers devaient confirmer la faisabilité des projets en fonction du temps et des matériaux disponibles . Étudier les étapes de conception à distance a été le premier challenge à relever . D ’ une part , je n ’ avais pas le même niveau d ’ information qu ’ eux et , d ’ autre part , je ne comprenais pas toujours mes coéquipiers qui ne maîtrisent pas le lexique professionnel de charpente . Je devais trouver un langage commun pour répondre à leurs questions . De plus , il m ’ a fallu parvenir à suivre ce projet tout en assurant parallèlement mes gâches au sein de la maison .
Le gros du travail pour les itinérants est la semaine de chantier . Les étudiants , ne sachant pas pour la plupart utiliser les machines , comptent sur nous pour les guider . Comme un chef d ’ équipe , nous devons distribuer les tâches selon les atouts de chacun . Communiquer nos directives sur le chantier et réussir à se faire comprendre s ’ est avéré complexe : j ’ ai ainsi dû dessiner mes indications à plusieurs reprises et , quelques fois , réaliser certaines tâches avec les étudiants . Il y a eu , en outre , des imprévus à gérer : le bois qui arrive brut , des rondelles au mauvais format , des hauteurs inégales sur les différentes structures … Nous sommes habitués à de telles situations , contrairement aux étudiants que cela peut déstabiliser et qu ’ il a fallu rassurer . Étant questionnée sans cesse , je perdais souvent le fil de mon travail et avançais plus lentement qu ’ à mon habitude . Leurs questions , pourtant simples , m ’ ont menée à une vraie remise en question de mes pratiques ; je me suis aperçue que mes gestes de métier étaient mécaniques .
Ce projet m ’ a obligée à m ’ adapter à mes coéquipiers . Pour les futurs formateurs , les Défis du bois sont une mise en situation idéale , les étudiants tenant le rôle d ’ apprenants . Les voir heureux et fiers devant leur projet finalisé a été très gratifiant et pouvoir partager avec eux notre plaisir à tailler et lever du bois un vrai bonheur ! »
# 342 / Juillet - août 2024