260710 - Journal #359 web | Page 21

[ voyage ] compagnons 21 et la corruption occasionnelle de certains policiers rappellent les défis de la vie urbaine africaine. Chaque arrêt, chaque conversation exigent de la vigilance.
Nous faisons ensuite un détour par Nianing pour retrouver des Français rencontrés à la frontière mauritanienne, avant de longer la Gambie. La traversée du petit pays s’ effectue rapidement, entre villages colorés, marchés animés et sourires de ses habitants. Puis, nous reprenons la route vers la Casamance, au sud du Sénégal. Ici, la nature se montre généreuse: forêts luxuriantes, mangroves et rivières se succèdent. Les villages sont calmes et accueillants, et chaque rencontre— simple, authentique— marque l’ esprit.
UN CONCENTRÉ DE L’ AFRIQUE Le Sénégal et la Gambie sont un concentré de ce que peut offrir l’ Afrique: chaleur humaine, générosité et simplicité, mêlées à des défis administratifs et logistiques qui rendent le voyage parfois éprouvant.
L’ entrée en Guinée marque une nouvelle étape avec des paysages encore plus verdoyants. Les habitants se montrent ouverts et généreux; chaque échange redonne de l’ énergie malgré la fatigue accumulée par les longues journées de conduite. La chaleur est constante, l’ humidité plus présente et les routes, souvent défoncées, obligent à une vigilance permanente. La 4 L résiste courageusement à chaque épreuve. Les rires et la gentillesse des enfants illuminent les jours les plus difficiles et nous rappellent pourquoi nous nous trouvons là.
Pendant trois jours, nous avançons à travers collines et routes irrégulières. Chaque kilomètre constitue une petite victoire. Les discussions avec les habitants, les invitations à partager un repas ou un thé, tout cela nourrit bien plus que l’ estomac: cela nourrit le cœur et l’ esprit. Puis, la Côte d’ Ivoire se dessine enfin à l’ horizon, avec sa nature luxuriante et la promesse de nouvelles rencontres et découvertes.
ABIDJAN, LIGNE D’ ARRIVÉE La frontière ivoirienne est un souffle de verdure après les routes éprouvantes de Guinée. Dès Man, « la ville aux 18 montagnes », les forêts humides s’ étendent à perte de vue, les arbres géants semblent protéger la route et les villages qui s’ y nichent. Chaque virage réserve une surprise.
Avec une générosité incroyable, les habitants nous font découvrir des sites naturels magnifiques— notamment l’ ascension du mont Toukoui, la deuxième plus haute montagne de Côte d’ Ivoire. À moto, parfois à trois sur un même véhicule, nous parcourons les sentiers escarpés, guidés par nos hôtes. La sensation d’ être au milieu de la nature, loin de tout, se révèle à la fois exaltante et apaisante.
DEUX MOIS, NEUF PAYS, DES MILLIERS DE KILOMÈTRES ET, SURTOUT, LA RENCONTRE DE PERSONNES POSSÉDANT PEU QUI OFFRENT TOUT, D’ ENFANTS CURIEUX ET SOURIANTS, LE SOUVENIR DE GESTES SIMPLES, MAIS SINCÈRES.
Ces moments atteignent une intensité rare. Mais l’ aventure comporte aussi ses imprévus. Rochelais contracte le paludisme, cette maladie redoutée transmise par un moustique. La fatigue, la douleur et l’ inquiétude nous rappellent notre fragilité. Heureusement, les soins reçus permettent de surmonter ce passage difficile.
Nous reprenons ensuite la route vers Yamoussoukro, la capitale, célèbre pour sa basilique Notre-Dame de la Paix et son étang peuplé de crocodiles. La grandeur des lieux contraste avec la simplicité des habitants croisés sur le chemin. Grâce à un contact des futurs patrons de Provençal, nous sommes accueillis cordialement, avant la dernière étape de ce long périple.
Enfin, le 18 décembre 2025, après environ 10 000 kilomètres, nous arrivons à
Provençal( à droite) et Rochelais, le jour du départ de Toulon.
Abidjan, où Vendéen, cogérant de l’ entreprise Ivoire équipement, pour laquelle Provençal va travailler, nous accueille. Alors que celui-ci s’ installe pour une année sur place, Rochelais repart en France, laissant la 4 L et son propriétaire poursuivre leurs aventures en terre ivoirienne.
Deux mois, neuf pays, des milliers de kilomètres et, surtout, la rencontre de personnes possédant peu qui offrent tout, d’ enfants curieux et souriants, le souvenir de gestes simples, mais sincères. Chaque difficulté, chaque détour devient une leçon d’ humilité et d’ ouverture. Le voyage nous rappelle qu’ il faut oser, se faire confiance, ne pas écouter les doutes des autres. Si nous avions écouté les sceptiques qui pensaient que c’ était impossible, nous ne serions jamais partis. Vivre ses rêves et aller à la rencontre du monde est la plus belle des aventures.
Pierre Lachaise Rochelais Cœur Joyeux le Soutien du Voyage
Compagnon plombier
Lino Petit Provençal la Persévérance
Compagnon mécanicien
# 359 / Juillet- août 2026