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S’ il est une de nos particularités qui enthousiasme les jeunes, c’ est bien notre capacité à donner du sens à accompagner une prise de conscience et au regard que nous souhaitons porter sur le monde qui nous entoure. Nous pourrions aisément être seulement focalisés sur les savoirs techniques d’ un métier, mais force est de constater que les actions culturelles, les défis environnementaux et les initiatives d’ ouvertures de nos maisons à d’ autres jeunesses et acteurs territoriaux sont nombreux et appréciés de tous. Ce point est à renforcer, en prenant soin de bien le positionner dans des agendas équilibrés.
La responsabilisation des jeunes, la volonté de leur donner la parole beaucoup plus, est désormais devenue courante. Dans les prévôtés, nous sommes plus à l’ écoute, plus attentifs à leur bien-être et à leur sécurité.
Néanmoins, par endroit, de vieux usages de réunions de métiers très peu modernisées, laissant peu de place aux jeunes et à un dialogue constructif et éducatif avec eux, existent encore. Ce temps de l’ ancien qui juge une ou un jeune soumis et sans voix au chapitre est révolu. Le travail de prise de conscience est nécessaire et les jeunes reçus doivent en tout premier lieu être les acteurs de changements adaptés à une jeunesse qui n’ accepte ni d’ être ignorée ni l’ injustice ni l’ arbitraire.
Le nombre de Compagnons reçus est en hausse depuis trois ans même si une stagnation se fait jour cette année. Des objectifs par métier ont été proposés et ce sont désormais ceux-ci qui nous challengent afin que plus de jeunes soient itinérantes et itinérants, résidentes et résidents au contact des sédentaires, puis Compagnons.
La mobilisation de tous sera nécessaire quotidiennement ces deux prochaines années pour atteindre cet objectif de 700 Compagnons itinérants.
Une gouvernance qui se modernise
Le comité d’ audit, mis en place en 2019, continue de sécuriser nos pratiques. S’ il souligne notre capacité à nous adapter aux récentes contraintes organisationnelles et réglementaires, il reste nécessaire d’ améliorer notre agilité budgétaire et notre coordination interne.
Depuis 10 ans, notre démarche qualité est le socle robuste sur lequel nous construisons notre devenir et notre gouvernance. Ce choix a été judicieux et les acteurs nationaux et régionaux en ayant la charge sont à féliciter. Le parc immobilier a nettement été renouvelé et nous pouvons être fiers de la qualité des nouveaux sièges et des nouvelles prévôtés livrées.
La dynamique n’ est pas encore pleinement lancée sur le plan des recettes diversifiées apportées par la formation, la collecte de fonds et le développement des compétences. Le défi de ces deux prochaines années sera bien de réapprendre à piloter des actions commerciales lucratives et pas seulement de gérer des ventes de contrats aidés.
Les équipes régionales sont à pied d’ œuvre pour que cette année soit celle du changement et de la mise en dynamique pour plus d’ indépendance financière. L’ enjeu d’ identifier de nouvelles sources de financement et de produit a été intégré, notamment par le renforcement du service Collecte de fonds. Le travail est bien engagé et les moyens mobilisés doivent être en conformité pour atteindre les niveaux financiers attendus.
2. Se mobiliser face aux contraintes
Depuis trois ans, le Conseil d’ orientation fonctionne dans un esprit de dialogue et d’ intelligence collective. Les défis à venir— législatifs, sociétaux et technologiques— nécessitent plus que jamais cette approche dynamique fondée sur le collectif.
© Thierry Caron / Divergence
2.1 Adapter notre accompagnement aux nouvelles jeunesses
Les jeunes qui rejoignent le compagnonnage changent, comme les jeunesses de toutes les époques. Mais leurs évolutions actuelles sont marquées par:
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Des codes sociaux régulièrement mouvants;
Une moindre aisance dans l’ échange direct;
ʼn Une tendance à l’ introspection;
ʼn Un rapport ambivalent à l’ immédiateté, pourtant omniprésente dans les outils numériques.
Nombre d’ entre eux utilisent les écrans comme un filtre sécurisant, non par défi mais par crainte du jugement. Or, être Compagnon, c’ est savoir communiquer, défendre ses idées et transmettre.
C’ est pourquoi nous devons faire de l’ aisance relationnelle un enjeu central. Donner à chaque jeune les moyens de s’ exprimer et de s’ affirmer est essentiel pour sa réussite dans son métier et son rôle futur de Compagnon « passeur ».
Sédentaires et salariés doivent agir ensemble: comprendre la jeunesse, dialoguer avec elle et la guider sans la juger. C’ est ainsi que nous remplirons notre mission: transmettre un métier, mais aussi cet humanisme dont le compagnonnage est empreint.
Nous devons construire une relation plus individualisée, nous appuyer sur l’ expertise des salariés, renforcer la compréhension des profils variés, tout en préservant l’ intensité et la qualité de nos enseignements.
2.2 Faire face aux menaces pesant sur la formation
De nouvelles contraintes réglementaires et financières s’ annoncent. Elles doivent impérativement être anticipées. Parmi celles-ci, se profilent:
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Le recul des ambitions gouvernementales en matière d’ apprentissage, soudain et inexpliqué;
ʼn La volonté de renforcer la voie scolaire, en feignant d’ ignorer que l’ alternance est le meilleur vecteur d’ emploi et de fidélisation de la jeunesse à un métier; ʼn
Les contraintes budgétaires sur les centres de formation d’ apprentis— qu’ ils soient indépendants ou de branche— à qui l’ on demande sans discernement de se suffire à euxmêmes avec des ressources bien trop diminuées.
# 358 / Mai- juin 2026