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Vélogab au salon Rétromobile, avec en arrière-plan l’ autorail réalisé par Bugatti.
Pour obtenir une ligne de lumière parfaite, il faut un œil formé, une maîtrise énorme. Une fois que la tôle est pliée, on ne peut plus revenir en arrière », explique Champagne.
Certaines pièces ont été refaites plusieurs fois. Plus elles sont grandes et plates— jusqu’ à 1,80 m—, plus elles sont difficiles à former sans marquer une bosse visible. Le niveau du groupe est varié, allant de prépa Tour de France à Compagnon, mais la motivation reste le critère principal. « Même pour moi, qui suis Compagnon et ai déjà beaucoup tourné, ce projet est un immense apprentissage », souligne Champagne. Le travail se fait lors des stages, sous l’ œil de deux formateurs: Mehdi Vidal, Toulousain Noble Cœur, et Paul Chevallier, Picard le Résolu.
PROTOTYPES, ESSAIS, AMÉLIORATIONS Depuis septembre, une première carrosserie complète et un châssis ont été fabriqués. Une mécanique créée par Fred Gasson a été assemblée pour la première fois à l’ occasion du salon Rétromobile fin janvier à Paris. Cela a permis d’ identifier des points à améliorer: incohérences entre mécanique et carrosserie, ajustements, fixations à revoir.
Durant un stage pendant le salon, les itinérants ont commencé une deuxième carrosserie, ensuite assemblée à Tours par les formateurs et Gilles Amat. Le prototype a même roulé pour un premier test. « Le système fonctionne, la carrosserie tient, mais nous devons revoir la position du siège et les points de fixation … »
Nous avons collaboré avec les Compagnons usineurs de Colomiers pour le châssis et nous prévoyons que les Compagnons mécaniciens participent à la réalisation d’ un système de pédalier plus robuste.
D’ ici juin, les itinérants devront produire une carrosserie « définitive ». Des essais sur le circuit de Montlhéry sont envisagés. L’ objectif est clair: un Vélogab entièrement fini, fidèle, fonctionnel et prêt pour le salon Époqu’ Auto à Lyon en novembre 2026.
DE NOMBREUSES PERSPECTIVES « Ce projet donne envie d’ en faire d’ autres. Des pistes existent déjà: une Citroën des années 1920-1930 dont il faudrait reconstruire la boiserie et la carrosserie, ou même la reconstruction d’ un avion Voisin. Les rencontres à Rétromobile ont ouvert des portes. » Audelà de la transmission des savoir-faire, Champagne y voit un formidable levier pédagogique: « Travailler sur un projet concret de cette ampleur, c’ est beaucoup plus motivant que faire des exercices isolés. Cela nous permet notamment de toucher à des savoir-faire rares. »
Propos recueillis par Marie‐Laure Gendron
Réalisation de l’ appui-tête en aluminium par un jeune formé en CQP. Rivetage du bloc arrière.
# 358 / Mai- juin 2026