[ voyage ] compagnons 23
Sommet du Diamond Hill.
petits volumes de lait, tandis que cette année, nous transformions jusqu’ à 16 000 L de lait par jour. L’ atelier étant très automatisé, j’ ai dû me familiariser avec toutes ces machines. Cela m’ a permis d’ aborder certains aspects parfois « négligés » dans de petites fromageries comme la traçabilité des produits, la qualité et l’ hygiène des ateliers ou encore le management. J’ avais pour habitude de travailler dans des ateliers où nous étions trois, voire deux, employés, tandis que cette année nous étions 18 répartis sur différents postes. Malgré la taille importante de l’ entreprise( en termes de production), l’ ambiance reste très conviviale.
Pour être honnête, cette année dans une grande entreprise vient confirmer l’ idée que j’ ai du travail en fromagerie. Même si je suis bien consciente que les machines sont indispensables pour la fabrication de fromages en grand nombre, je n’ aime pas travailler dans un atelier trop automatisé, où j’ ai davantage l’ impression d’ être opératrice de machine plutôt que fromagère. J’ ai besoin de mettre les mains dans le caillé, et ce, du début jusqu’ à la fin de la fabrication.
La qualité du lait est assez exceptionnelle en Irlande. Pour une race similaire en France( Prim’ Holstein), les taux de protéines et de matière grasse, indispensables en fromagerie, sont très élevés en
Irlande: en moyenne, la protéine est à 39 g / L et la matière grasse est à 45 g / L contre 32 pour la protéine et 36 pour la matière grasse en France. Cela permet d’ obtenir de bons rendements, mais aussi une texture et un goût des fromages typique de la zone où ils sont fabriqués.
LORS DE SON ANNÉE À L’ ÉTRANGER, ON PEUT FAIRE QUELQUE CHOSE DE DIFFÉRENT DE SON MÉTIER, MAIS, PERSONNELLEMENT, JE VOULAIS QU’ ELLE ME PERMETTE D’ ACQUÉRIR DE NOUVELLES CONNAISSANCES PROFESSIONNELLES.
Cette année, j’ ai fabriqué pour la première fois du bleu, qui relève d’ une technologie particulière: il faut veiller au bon déroulement de chacune des étapes de la fabrication suivant le type de bleu souhaité. Dans le cas du Cashel Blue, nous souhaitons obtenir un fromage de type « bleu à cavités » avec une texture crémeuse, fondante et un goût subtil, pas trop prononcé.
En plus de mon travail à la fromagerie, j’ ai fait quelques heures dans deux fermes, l’ une qui est une exploitation de vaches laitières, où j’ aidais à la traite ainsi qu’ au nourrissage des veaux, et l’ autre qui est une ferme avec des brebis et agneaux allaitants. L’ Irlande étant le pays des moutons, j’ apprends aux côtés d’ un petit éleveur( possédant 140 brebis) les bases de l’ élevage ovin, notamment sur les mises bas, puisque nous sommes en pleine saison des agnelages.
UNE VIE PAISIBLE J’ aime particulièrement que les Irlandais ne se « prennent pas la tête », notamment au travail. En Irlande, chacun effectue son travail du mieux possible mais sans se stresser... et qu’ est-ce que c’ est appréciable! Il n’ y a pas eu un matin où je suis arrivée au travail avec une boule au ventre, de peur de faire mal les choses... Les Irlandais sont aussi très avenants et chaleureux: j’ ai toujours été accueillie avec beaucoup de bienveillance et de gentillesse.
Je ne saurais pas dire si c’ est dû au mode de vie irlandais ou à mon expérience sur place, mais j’ ai pris davantage confiance en moi. J’ ai cette impression que tous les projets que j’ ai en tête sont réalisables. De par mon travail, je me suis aperçue aussi qu’ il n’ est pas si simple de travailler avec toute une équipe de collègues. Il faut savoir s’ écouter les uns et les autres, accepter les idées de chacun et surtout communiquer!
# 353 / Septembre 2025