24 compagnons [ voyage ]
De droite à gauche: Champagne, Normand, Berry et son amie lors de la Saint-Patrick à Galway.
J’ ai profité de mon temps libre pour découvrir l’ Irlande dont la diversité des paysages est impressionnante. On peut rouler au milieu de grandes étendues à perte de vue, puis se retrouver au milieu des montagnes, pour finalement terminer son périple au bord de l’ océan, à rouler à flanc de falaises. Découvrir l’ Irlande en empruntant les petites routes est vraiment la meilleure manière de tomber sur des coins inattendus( mais aussi sur des moutons tranquillement installés au milieu de la route), pas forcément réputés, et qui pourtant valent bien un arrêt!
Lors d’ un week-end de vadrouille, j’ ai emprunté une partie de la Wild Atlantic Way, une route qui longe le littoral atlantique sur 2 500 km et permet d’ admirer des paysages sauvages côtiers à couper le souffle. On peut parfois rouler sur plusieurs kilomètres sans croiser la moindre voiture. Lors de mes excursions, j’ avais l’ habitude de m’ arrêter pour manger le soir dans des pubs où l’ on est toujours transporté par la culture et le mode de vie irlandais. Il y a toujours quelqu’ un pour discuter avec vous autour d’ une pinte de Guinness! Et la météo en Irlande n’ est pas si terrible qu’ on le raconte! Alors, oui il pleut- cela donne tout son côté mystique au pays!-, mais on a aussi des belles journées ensoleillées!
Cette année j’ ai pu prendre le temps de cuisiner des plats de chez moi mais aussi des plats d’ ici! J’ avais pris l’ habitude de préparer un gâteau pour mes collègues chaque jeudi, pour leur faire découvrir quelques incontournables de chez nous, comme le flan pâtissier ou le far breton. J’ ai aussi assisté à des matches de hurling( sport typiquement irlandais) avec mes collègues de travail.
DES AMITIÉS DURABLES L’ an dernier, j’ avais rencontré Berry à Strasbourg lors du changement de ville d’ été. Je savais qu’ il partait en Irlande en septembre. À mon arrivée, on s’ était contactés pour avoir des nouvelles de l’ un et l’ autre. Berry m’ avait parlé d’ un groupe WhatsApp pour les itinérants en Irlande, qui réunit également plusieurs anciens. Quand il m’ y a ajouté, j’ ai vu apparaître dans les membres Zachary, mon frère d’ Adoption, que je n’ avais pas revu depuis la cérémonie!
Je séjournais dans le centre-sud de l’ Irlande à 2 h 30 de route de Berry et Normand, vivant tous deux à proximité de Galway. On s’ y est retrouvés au weekend d’ Halloween et, à la suite de ces retrouvailles, nous avons fait plusieurs sorties ensemble. Il nous aura fallu nous retrouver tous les trois en Irlande pour se découvrir réellement. On aura vécu de très belles découvertes ensemble!
Clément Wyzgal, Berry, Aspirant couvreur
En quatrième année de Tour, j’ avais l’ envie de partir à l’ étranger avant de tailler. J’ ai toujours voulu vivre une expérience internationale et les itinérants et Compagnons rencontrés qui m’ ont retracé leur étape hors frontières ont terminé de me convaincre.
J’ ai d’ abord désiré partir en Suède pour l’ aspect métier et pour les paysages nordiques, mais plusieurs problèmes se sont posés. Alors, j’ ai pensé à l’ Irlande, qui ne nécessite pas de passeport ni de changer de monnaie. J’ ai trouvé une entreprise et un logement grâce aux conseils d’ anciens et d’ itinérants. Je suis ensuite parti fin septembre, après avoir mis un peu d’ argent de côté.
Le Gap of Dunloe, col montagneux étroit situé dans le comté de Kerry.
Arrivé à Dublin, j’ ai traversé l’ Irlande jusqu’ à Loughrea, une petite ville à côté de Galway, où je vivais en colocation avec deux autres itinérants chez Tom, mon propriétaire. Je suis tombé sous le charme de la maison, de la campagne environnante ainsi que du mode de vie reposant des Irlandais.
Le travail s’ est très bien passé au sein d’ une entreprise de six personnes. Même si les Irlandais prennent moins de plaisir à travailler qu’ en France, l’ ambiance restait très sympathique. J’ ai vite appris le vocabulaire du métier et sympathisé avec mes collègues, qui me laissaient autant de liberté que j’ en avais envie. Mes patrons me donnaient accès à toutes les machines et matériaux que je souhaitais pour fabriquer des épis ou des projets personnels, ce qui m’ encourageait à sortir du lit plus tôt tous les matins! J’ aimais consacrer la semaine au travail et à mes projets. Par contre, le week-end et les jours fériés, je savais mettre de côté ceux-ci et me rappeler que je suis venu à l’ étranger pour faire des découvertes.
Par exemple, j’ ai débuté la randonnée dans le Connemara avec mon ami Normand, j’ ai fait du tourisme et appris bien des choses sur l’ histoire de l’ Irlande. J’ ai repris la lecture et j’ ai même commencé la course à pied. À un moment donné, j’ étais presque déçu de voir que mon étape en Irlande ne prenait pas la tournure que j’ avais imaginée, mais j’ ai appris à profiter de ce que j’ avais en ne regardant que le positif. J’ ai passé ensuite les semaines beaucoup plus joyeusement. La rencontre avec mes amis français, par exemple, que je voulais justement éviter à l’ étranger, restera l’ un des plus beaux souvenirs de cette année.
# 353 / Septembre 2025