[ opportunité ] compagnons 7 changer d’ un claquement de doigt. Nous faisons partie de la société telle qu’ elle est et nous en sommes même des acteurs, nous devons donc partir de là où nous en sommes. Mais, pour nous aider, nous avons un socle solide et valable: les enseignements de notre Grande Règle.
Un groupe de travail, composé d’ un représentant de chaque corps de métier, s’ est entendu sur ce que nous enseigne notre Grande Règle. Leur travail est restitué dans un document nommé « La parole collégiale des enseignements de la Grande Règle », qui doit nous servir à réaffirmer nos valeurs et à les incarner. La première des conclusions est que la philosophie transmise par nos anciens n’ a jamais été aussi actuelle. Au regard de ces grands enseignements, la question: « Devons-nous nous inscrire concrètement dans le développement durable? » ne se pose pas! Nous devons le faire, d’ autant plus que nous nous affirmons du Devoir. Cette parole collégiale n’ a surtout pas vocation à remplacer ou vulgariser la Grande Règle; à l’ inverse, elle doit être un rappel de ces enseignements, le témoin d’ une compréhension commune de tous nos métiers. En filigrane, deux axes se profilent: l’ un sur la manière de faire société et l’ autre sur l’ usage des matériaux dans nos métiers.
Pour apporter sa part à la RSO, le Pôle de la transmission a engagé, à son échelle, des actions en faveur des délégués de métier, des formateurs et des prévôts, en partenariat avec le Conseil, le service Accueil et accompagnement ainsi que le service de l’ Accompagnement des formateurs. La première action était d’ organiser avec les délégués un séminaire pour prendre le temps de déterminer et de comprendre les contours du projet associatif en lien avec nos engagements RSO, le tout passé par le prisme de nos enseignements. Le but reste la cohérence entre les projets des corps de métiers, nos divers engagements associatifs ou légaux et nos valeurs.
Pour être plus clair, voici un extrait de la parole collégiale, certains des engagements RSO pris par l’ association et un passage du projet associatif.
Extrait de la parole collégiale
• Tour de Babel: l’ AOCDTF s’ appuie sur ce symbole pour orienter ses formations vers un usage conscient et durable des matériaux en intégrant des principes de durabilité et d’ écologie dans la formation; en faisant collaborer efficacement des personnes aux parcours différents; en cultivant ainsi une ouverture interculturelle qui les prépare à travailler dans des équipes diversifiées et à s’ adapter à des environnements variés; en encourageant une politique de remise en question et de progrès continu; en formant des hommes et des femmes de métier compétents, mais aussi des individus responsables et ouverts à l’ expérience et à l’ amélioration.
POUR APPORTER SA PART À LA RSO, LE PÔLE DE LA TRANSMISSION A ENGAGÉ, À SON ÉCHELLE, DES ACTIONS EN FAVEUR DES DÉLÉGUÉS DE MÉTIER, DES FORMATEURS ET DES PRÉVÔTS, EN PARTENARIAT AVEC LE CONSEIL, LE SERVICE ACCUEIL ET ACCOMPAGNEMENT AINSI QUE LE SERVICE DE L’ ACCOMPAGNEMENT DES FORMATEURS.
Des engagements de l’ association dans la RSO
• Réduire nos impacts sur l’ environnement par une démarche de conception frugale.
• Diminuer la production de déchets et la consommation de ressources.
• Favoriser les fournisseurs locaux et ceux ayant une démarche de développement durable.
• Construire, gérer et maintenir des bâtiments durables et résilients: promouvoir un nouveau modèle de construction durable et résilient.
• Inscrire le développement durable dans les décisions et les actions de l’ association.
Extrait du projet associatif
• Être porteurs de sens en positionnant les enjeux sociétaux et environnementaux au cœur des préoccupations des métiers.
• Mettre en œuvre des actions en faveur de notre planète, de l’ environnement et de l’ humanité, grâce aux valeurs compagnonniques.
Aux délégués et leurs Compagnons, ensuite, de se projeter dans la manière de concrétiser ces engagements selon le projet de leur corps de métier.
AMÉLIORER LE VIVRE- ET LE FAIRE-ENSEMBLE Les deux autres actions auprès des prévôts et des formateurs sont davantage liées au vivre-ensemble et au faire-ensemble. On enseigne le codéveloppement aux formateurs ainsi que la communication non-violente aux deux, afin de les aider à construire un climat communautaire basé sur la confiance et la bienfaisance, mais également pour qu’ ils ne soient pas pris au dépourvu dans les situations compliquées.
La communication non-violente a été créée par Marshall Rosenberg, un psychologue américain qui a été appelé dans de nombreux pays et à l’ occasion de conflits, pour apporter son expertise en communication. Il s’ agit d’ une technique et d’ une posture. La technique se décline en 4 étapes: observation – sentiment – besoin – demande. On part de ce qui est observable factuellement, en s’ interdisant toute généralité ou critique dans la situation. On exprime ensuite ce que cela provoque en nous comme émotion, sans évaluation ni interprétation( l’ émotion est toujours l’ écho à un besoin à satisfaire: quel est précisément ce besoin?). Et, pour finir, on formule une demande claire et concise.
Attention, un besoin et une demande ne sont pas des exigences. Cette technique peut s’ employer soit pour s’ exprimer, soit pour orienter un entretien. La posture qu’ elle impose pour être efficace est empreinte d’ écoute et d’ empathie; nous nous gardons de l’ intention de convaincre pour favoriser l’ envie de
# 352 / Juillet-août 2025