250724 - Journal #352 - V5 web | Page 6

6 compagnons [ opportunité ]

DE LA GRANDE RÈGLE à la responsabilité sociétale des organisations

La responsabilité sociétale des organisations( RSO) est au cœur des préoccupations des Compagnons du Devoir. Les valeurs et les enseignements de la Grande Règle guident leurs actions vers un développement durable.

L e compagnonnage, depuis toujours, s’ est doté d’ une mission, celle de transmettre non pas un métier mais un état d’ esprit. Devenir Compagnon, c’ est devenir une femme ou un homme de métier au-delà du bon professionnel, c’ est travailler l’ esprit afin de permettre à la main de créer, d’ œuvrer, de servir, pour le bien des humains. Développer son esprit afin de donner ce que l’ on a de meilleur en nous / en soi. Devenir une femme ou un homme de métier, autrement dit, c’ est apprendre à développer son humanité au service des humains, respecter et sublimer tout ce qui est nécessaire à l’ épanouissement de soi et des autres.

Servir, c’ est apporter le nécessaire, sans nuire à qui ou à quoi que ce soit; respecter l’ œuvre de la nature dans l’ exploitation de ses matériaux tout comme l’ harmonie entre les humains. Cet équilibre entre le « Tout » et le « Nous » est largement mis à mal aujourd’ hui. En cause, nos manières de produire, de consommer, de faire société. Les scientifiques du monde entier sonnent l’ alarme depuis quelques décennies: le monde que nous bâtissons n’ est pas durable. Pour renverser la tendance, les politiques engagent, du bout des lèvres, les entreprises à développer une politique RSE, « responsabilité sociétale des entreprises »( ou RSO quand il s’ agit d’ organisations).
Séminaire des formateurs à la Fondation de Coubertin: présentation de la communication non-violente.
LA GRANDE RÈGLE COMME SOCLE Le but est d’ inscrire nos pratiques dans les 17 objectifs du développement durable, de désirer un monde plus juste et plus sûr en se donnant les moyens de le construire. Sur le papier, l’ idée est séduisante mais, dans la réalité, elle nous oblige à réviser toutes nos pratiques et le sens qu’ on leur donne, revoir nos systèmes hiérarchiques et sociaux, et remettre en question nos croyances et nos espérances. Face à l’ ampleur du défi, l’ effort est tel que la très grande majorité préfère faire l’ autruche. Mais nous, Compagnons, avons-nous le choix? Nos valeurs ne nous invitent-elles pas à nous dépasser? À fournir l’ effort nécessaire à la construction d’ un monde durable?
L’ association n’ a pas attendu pour répondre à ses obligations légales. Mais, est-ce que nous nous engageons, comme la plupart, en nous efforçant de trouver des moyens de ne rien changer, de faire du bon greenwashing moderne? Ou prenons-nous le problème à bras le corps, avec la ferme ambition de contribuer à la construction du monde de demain? C’ est encore à nous de trancher. Être en accord avec nos valeurs ou passer à côté de notre vocation de Compagnon: servir? Être cohérents nous demande avant tout d’ être réalistes; nous n’ allons pas tout
© Jules Despretz
# 352 / Juillet-août 2025