250724 - Journal #352 - V5 web | Page 19

[ ouverture ] compagnons 19
Cette approche nécessite une collaboration renforcée entre tous les acteurs( techniciens, paysagistes, terrassiers...) dès la phase de conception d’ un projet, afin d’ assurer une gestion cohérente et durable de la ressource à l’ échelle de chaque parcelle. Intégrer des toitures végétalisées ou aménager des bassins favorise la biodiversité, lutte contre les îlots de chaleur urbains et reconnecte les usagers à la nature.
Aujourd’ hui, la quasi-totalité de l’ eau utilisée dans les bâtiments est rejetée dans les réseaux comme irrécupérable. Pourtant, une grande partie des eaux dites « grises » pourrait être réutilisée pour des usages non-sanitaires comme le nettoyage ou l’ arrosage. En France, seul 1 % de ces eaux est valorisé, contre 14 % en Espagne et jusqu’ à 80 % en Israël. Ce décalage montre le potentiel immense encore sous-exploité. Comme le rappelait Kofi Annan lors de la première Journée mondiale de l’ eau en 2006: « L’ eau n’ est pas un luxe mais un droit. »
Enfin, cette question soulève un enjeu structurel: en France, le financement du système repose sur la consommation. Moins on consomme, moins on finance. Il devient donc urgent de réinventer un modèle économique qui concilie sobriété, efficacité et pérennité.
MÉTIERS D’ AVENIR, VISION PARTAGÉE En 2050, les métiers de la plomberie, du chauffage, de la ventilation et du froid seront les artisans invisibles d’ un confort sobre, sain et durable. Ils seront les garants de la qualité de l’ air, de la gestion de l’ eau, plus globalement du confort de l’ habitat, mais avec du lien social et de la continuité écologique dans le cadre bâti.
L’ AVENIR DU GÉNIE CLIMATIQUE NE SERA NI EXCLUSIVEMENT HIGH TECH NI RÉSOLUMENT LOW TECH, MAIS BIEN « RIGHT TECH »: UNE TECHNOLOGIE JUSTE, ADAPTÉE, ACCESSIBLE, AU SERVICE DU VIVANT ET DES USAGES.
Ce colloque a posé les bases d’ une vision ambitieuse et concrète pour l’ avenir, autour de trois axes: 1. Savoir-faire augmenté: acculturer aux techniques, aux outils numériques et aux compétences croisées;
2. Savoir être responsable: développer l’ éthique professionnelle, la conscience environnementale avec la préservation des ressources en eau;
3. Savoir transmettre: il est indispensable de former et de recruter les jeunes motivés, tout en développant des parcours éducatifs innovants qui anticipent les enjeux climatiques et préservent l’ excellence technique.
L’ avenir du génie climatique ne sera ni exclusivement high tech ni résolument low tech, mais bien « right tech »: une technologie juste, adaptée, accessible, au service du vivant et des usages. Une seule certitude: il faudra être capable d’ écouter, de coopérer et de se former tout au long de la vie. C’ est, en effet, à cette condition que le métier de plombier / climaticien continuera à répondre aux enjeux du monde de demain, avec sens et responsabilité.
François Petiteau Angevin Cœur Fidèle, le Soutien des Compagnons
Responsable de l’ Institut des métiers du sanitaire et du génie climatique( IMSGC)
# 352 / Juillet-août 2025