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20 compagnons [ métier ]

BÂCHISTE: un métier à réinventer

Le métier de bâchiste est peu connu, alors qu’ il façonne nos paysages urbains. Il méritait d’ être mieux transmis. C’ est désormais possible grâce à une nouvelle formation lancée par les Compagnons du Devoir, première pierre pour garantir l’ avenir de ces savoir-faire.

D epuis plusieurs années, les Compagnons selliers sont convaincus que le métier de bâchiste, vaste mais méconnu, méritait d’ être redéfini et transmis. Il faut dire que les entreprises peinent à recruter, malgré des avancées technologiques constantes et des projets d’ envergure, toujours plus innovants et surprenants.

UNE OPPORTUNITÉ À SAISIR, UN ALIGNEMENT RARE Cela faisait près de vingt ans que le Compagnon Claude Ragot, ancien délégué de notre corps de métier, militait pour la création d’ une formation. Mais, sans cadre clair ni moyens, le projet restait en suspens. En 2024, tout s’ est aligné: le programme PIA 2 offrait une dernière fenêtre de financement avant sa clôture en juin de la même année, alors j’ ai proposé ma candidature pour porter ce projet, ayant déjà travaillé dessus en 2020-2021 en tant que chargé de mission.
Grâce à une nouvelle méthode de travail porté par le Collège des métiers de l’ AOCDTF sur le référentiel métier, à l’ énergie d’ Andréa Offredo, responsable de l’ Institut des matériaux souples, au rachat et à la mise à disposition du nouvel atelier « Astus », par les Grands Ateliers de L’ Isle-d’ Abeau, à l’ appui de Cyril Chevalet- alors nouveau délégué régional en Auvergne-Rhône-Alpes-, nous avons pu lancer une formation en un an, là où deux étaient initialement prévus. La découverte d’ un titre professionnel
Affiche XXL effectuée chez Serge Ferrari, entreprise partenaire, pour les journées portes ouvertes de l’ AOCDTF.
existant a été décisif pour que le projet prenne enfin vie.
Pour créer une formation propre à cette activité, il a donc fallu repenser entièrement ce métier à l’ image vieillissante, en y intégrant des savoir-faire émergents et en identifiant les secteurs d’ activité dans lesquels il évolue. D’ ailleurs, le terme de « bâchiste » ne fait même plus consensus aujourd’ hui. Il ne reflète plus la richesse ni la diversité des compétences qu’ il recouvre, ni même les évolutions technologies qu’ il a connues et vit encore aujourd’ hui.
Redéfinir ce métier, c’ était aussi déterminer toutes les compétences qu’ il mobilise aujourd’ hui: plafond tendu, protection nucléaire, structure gonflable, architecture textile, confection technique … autant de domaines qui n’ étaient pas encore rattachés à une formation claire. Avec Andréa Offredo et Pascaline Chevallier, chargée de mission de notre corps de métier, nous avons donc entrepris un travail de fond pour établir un référentiel métier cohérent, capable de répondre aux besoins actuels des entreprises.
Cette année, 8 jeunes issus de la sellerie ont été formés et 15 autres rejoindront la formation à la rentrée. Les apprenants sont des itinérants de première année, suivant un rythme de 12 semaines de stage par an, comme en apprentissage.
# 352 / Juillet-août 2025