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Intervention de Sébastien Chambinaud, expert en gestion de l’ eau.
données, capable de piloter, d’ analyser et d’ optimiser les consommations énergétiques.
Cela suppose l’ acquisition de nouvelles compétences: le monitoring en temps réel des installations, le reporting énergétique structuré via des indicateurs de performance, l’ optimisation à partir des courbes de charge, une collaboration renforcée avec les bureaux d’ études ainsi qu’ un engagement contractuel sur les résultats.
La digitalisation impose une acculturation technologique continue, mais aussi une vigilance: il ne s’ agit pas de créer des « usines à gaz ». La simplicité, parfois par des solutions low tech, reste un repère opérationnel majeur.
SOBRIÉTÉ ET LOW TECH: VERS UNE PERFORMANCE SYSTÉMIQUE Dans la continuité de cette analyse, Solène Duprat, membre de l’ Association des ingénieurs et techniciens en climatique, ventilation et froid( AICVF), nous a rappelé que le second œuvre- et notamment le génie climatique- représente près de 50 % du poids carbone d’ un bâtiment. Elle plaide pour une approche plus sobre:
• Intégration de systèmes passifs: ventilation naturelle, puits provençal, brasseurs d’ air;
• Utilisation de matériaux locaux peu transformés pour la structure;
• Réflexion globale sur le cycle de vie du bâtiment.
Dans cette dynamique, le programme Profeel, initié notamment par l’ Agence qualité construction( AQC), valorise les savoir-faire simples, robustes, transmissibles. L’ exemple du chantier de l’ école d’ Achères, avec ces tourelles de ventilation naturelle et sa structure bois-paille, illustre ce virage vers la « right tech », une technologie juste, adaptée au besoin et économe en ressources.
LA MONTÉE EN COMPÉTENCES: PILIER DU CHANGEMENT Pour mieux comprendre notre rôle dans les objectifs de transition, l’ intervention de Dominique Naert, Compagnon maçon, directeur du Mastère Spécialisé ® à l’ École des ponts, a mis en lumière la responsabilité croissante des professionnels du génie climatique dans la transformation du second œuvre.
Cette responsabilité s’ exprime à plusieurs niveaux: en contribuant activement à la décarbonation des bâtiments; en repensant les parcours pour intégrer les jeunes et leur transmettre des compétences adaptées aux enjeux actuels; en développant des formations transversales, capables de dépasser les logiques de silo entre métiers; et, enfin, en renforçant la
© Thierry Caron / Divergence coopération avec les architectes et les bureaux d’ études, afin de bâtir une réponse collective et cohérente aux défis environnementaux. Un des freins majeurs reste le manque de confiance entre métiers « col blanc » et « col bleu » ainsi qu’ avec les clients.
La construction hors-site propose une méthode plus collaborative, à condition de repenser la relation au temps et de renforcer les échanges avec les usagers. Le rôle du plombier évolue: au-delà de la technique, il porte une responsabilité environnementale, notamment sur la gestion de l’ eau. Redéfinir le sens du métier, repenser son langage et s’ inspirer de modèles performants de nos voisins( Suisse, Allemagne) sont des leviers essentiels pour accompagner cette transformation vers plus de sobriété, de coopération et de durabilité.
L’ EAU, UNE RESSOURCE SOUS TENSION À REPENSER COLLECTIVEMENT Sébastien Chambinaud, diplômé de l’ École des ponts et titulaire d’ un Mastère Spécialisé ® en bâtiment durable, a présenté une approche innovante de gestion de l’ eau, visant des économies ambitieuses de 40 à 60 %. Face à l’ augmentation prévue de 30 % de la demande en eau douce d’ ici 2050 et à la pression croissante sur la ressource, même dans des territoires historiquement abondants comme la Suisse, il devient urgent de repenser nos usages et nos modèles de gestion.
Dans le monde, 75 % des métiers liés à l’ eau ont été créés depuis 2010, illustrant à quel point ce secteur connaît une transformation rapide et cruciale. L’ eau touche une multitude de compétences et doit être abordée selon une logique globale: réduction des consommations, réutilisation des eaux grises ou pluviales, optimisation des systèmes thermiques et amélioration de la performance hydrique globale.
La réflexion intègre aussi la manière dont l’ eau est utilisée sur une parcelle et dans un bâtiment, comment elle peut être réutilisée ou économisée, par exemple en réduisant les débits des WC ou en utilisant des technologies qui préviennent l’ assèchement des sols.
# 352 / Juillet-août 2025