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© Thierry Caron / Divergence hauteur des enseignements qu’ ils devraient délivrer? N’ est-ce pas là, au fond, la force de notre tradition vivante? Avons-nous réussi à ouvrir et partager ces instants pour qu’ ils soient reconnus par les jeunes et leur entourage?
Pour qu’ une parole authentique puisse jaillir, il faut d’ abord que le jeune se sente en sécurité. Les travaux présentés aux Assises ont souligné l’ importance d’ établir, dès l’ accueil, un cadre sécurisant et légitime, gage d’ une coopération sincère. Mais avons-nous mesuré le temps et l’ espace nécessaires pour qu’ ils osent exprimer leurs doutes? Avant de créer de nouveaux formats, ne devrions-nous pas nous demander si chaque Compagnon est prêt à écouter sans jugement?
Enfin, pouvons-nous continuer à parler d’ accueil sans envisager la participation réelle des jeunes à la définition même de notre modèle? Béatrice Decoop insistait sur la soif de contribution de la « génération contributive », avide de façonner ce qui la façonne. Or, que valent nos meilleures idées si elles n’ émanent pas de cette énergie créative? Plus qu’ un conseil d’ apprentis ou qu’ une expérimentation ponctuelle, ne s’ agitil pas de reconnaître, au quotidien, leur capacité à questionner et à faire évoluer notre institu- tion? Cet équilibre, entre participation active et encadrement nécessaire, est difficile à trouver, mais il est essentiel pour la jeunesse que nous accueillons et celle que nous souhaitons attirer.
POUR QU’ UNE PAROLE AUTHENTIQUE PUISSE JAILLIR, IL FAUT D’ ABORD QUE LE JEUNE SE SENTE EN SÉCURITÉ. LES TRAVAUX PRÉSENTÉS AUX ASSISES ONT SOULIGNÉ L’ IMPORTANCE D’ ÉTABLIR, DÈS L’ ACCUEIL, UN CADRE SÉCURISANT ET LÉGITIME, GAGE D’ UNE COOPÉRATION SINCÈRE. MAIS AVONS-NOUS MESURÉ LE TEMPS ET L’ ESPACE NÉCESSAIRES POUR QU’ ILS OSENT EXPRIMER LEURS DOUTES?
Ces repères- vivre-ensemble, interaction entre générations, sens des rituels, sécurité psychologique et coresponsabilité- ne sauraient être traités isolément. Mon souhait, au terme de ces quelques lignes et en poursuivant les travaux des Assises, n’ est pas de dresser une liste de chantiers, mais de susciter en vous le désir ardent de remettre en cause nos certitudes et de raviver, ensemble, la flamme de notre tradition.
Car, si nous refusons de nous interroger, comment espérer accueillir demain une jeunesse qui redéfinit sans cesse son rapport au monde? Osons donc questionner, ébranler et reconfigurer nos fondements: c’ est là, et seulement là, que réside la promesse d’ un accueil authentiquement renouvelé.
Thibault Dubus Beauceron la Sérénité le Soutien du Compagnonnage
Conseiller au Tour de France
1- Hugo Paul, 25 ans, crée des ponts entre divers collectifs pour le bien commun. Il donne des conférences et accompagne les organisations pour renforcer l’ impact de leurs communautés.
# 351 / Juin 2025