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[ excellence ] compagnons 23
Artésien et Angevin en plein debriefing sur les réalisations du jour . Artésien débutant la division d ' une pâte à brioche .
Fabien Nolay , Artésien Va Sans Crainte , Compagnon boulanger
Pourquoi la Coupe du monde de la boulangerie ? J ’ avais toujours voulu participer à des concours , mais des contraintes d ’ âge et géographiques m ’ en avaient empêché alors que nombre de mes amis avaient tenté l ’ aventure . J ’ avais cependant pu accompagner mes apprentis dans des concours individuels comme le MJB ( Meilleurs jeunes boulangers ) - organisé par la confédération et possible jusqu ’ à 21 ans - et le MAF ( Un des Meilleurs Apprentis de France ). Aussi , une fois devenu sédentaire et formateur à l ’ EBP , quand j ’ ai repéré l ’ annonce du futur championnat , comme je suis de tempérament fonceur , j ’ ai sauté sur l ’ occasion . Mes atouts pour cette compétition étaient ma créativité et le fait que je travaille pour une école qui me soutient .
coup travailler sur mon organisation . Si les contraintes esthétiques sont très fortes , le cahier des charges du concours nous laisse relativement libres : nous pouvons créer des formes et des goûts très différents . Le niveau était homogène entre les concurrents , de fait la sélection des membres de l ’ équipe de France s ’ est jouée dans un mouchoir de poche .
L ’ ENGAGEMENT EST UNE VALEUR PRIMORDIALE DU COMPAGNONNAGE . NOTRE COHÉSION A ÉTÉ UNE GRANDE FORCE ; NOUS AVIONS LE MÊME ESPRIT PROFESSIONNEL ET ÉTIONS TOUS TROIS TRÈS TRAVAILLEURS .
Notre entraînement Nous avions une liste de produits à réaliser chaque jour . Nous nous retrouvions tous les trois un week-end par mois , pendant lequel nous parvenions à passer de bons moments de déconnexion au-delà du travail à abattre . Il y a eu de grandes périodes de fatigue , mais nous n ’ avons jamais été tentés d ’ arrêter . L ’ engagement est une valeur primordiale du compagnonnage . Notre
J ’ ai été sélectionné sur dossier , puis convié au départage des candidats retenus dans la catégorie « Viennoiserie » à l ’ école d ’ Aurillac . Ayant reçu les sujets trois semaines avant - certains comportant des contraintes spécifiques comme faire des viennoiseries sans moule - , j ’ ai travaillé d ’ arrache-pied pour être prêt . Les concours n ’ ont pas les mêmes codes que la pratique dans l ’ artisanat et la finesse y est poussée à l ’ extrême . J ’ ai dû beaucohésion a été une grande force ; nous avions le même esprit professionnel et étions tous trois très travailleurs . Cela a été d ’ autant plus crucial que , le jour J , nous avons dû partager le matériel et gérer certaines tâches ensemble comme la partie traiteur .
Cette organisation était au cordeau avant que nous arrivions sur le site de compétition , où nous attendait une épreuve de 10 h sur deux jours ( 2 h le premier jour et 8 h le second ). Nous étions forts de quasiment une dizaine de galops d ’ essai , dont les débuts avaient été chaotiques : le premier notamment s ’ était terminé avec deux heures de retard et nous n ’ avions pas réussi à sortir les produits traiteur ... Nos horaires étaient extrêmement lourds , mais il était impossible de faire moins . Cinq mois après , je ne suis toujours pas remis et je ressens encore de la fatigue !
Mes indéfectibles soutiens J ’ ai été soutenu par les treize formateurs auprès de qui je travaille : ils me donnaient leur avis sur mes réalisations . Les membres de l ’ équipe de France avaient chacun un coach pour leur catégorie . Nos suppléants ont participé à plusieurs entraînements . Réunionnais Grondin , Compagnon sédentaire et ancien maître de métier , m ’ a beaucoup aidé . Ma compagne , qui est également pâtissière , m ’ a
# 343 / Septembre 2024