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22 compagnons [ excellence ]
POUR PARVENIR À UN TRÈS BON NIVEAU DE MÉTIER , JE CONSEILLE DE S ’ ENTRAÎNER SANS DISCONTINUER HORS DE SON TEMPS DE TRAVAIL , D ’ ÉCHANGER AVEC LES ANCIENS SUR LEURS PRATIQUES , SANS OUBLIER D ’ ACQUÉRIR DE SOLIDES BASES EN TECHNOLOGIE DE LA BOULANGERIE .
Angevin vérifiant le niveau d ' apprêt de ses produits avant la cuisson .
sion d ’ une réunion physique pour faire des galops d ’ essai des dix heures de production de l ’ épreuve . Nos employeurs nous ont soutenus pendant ces mois de préparation . L ’ EBP , l ’ école où travaille Fabien , nous a notamment mis à disposition ses laboratoires . L ’ Atelier m ’ alice à Itteville nous a aussi beaucoup prêté son fournil , procuré des matières premières et donné accès à leur maison de famille . Des coachs nous ont accompagnés , au début par catégorie , puis Grégoire Bardet a suivi toute l ’ équipe les derniers mois avant le concours .
Le critère de l ’ hygiène comptant beaucoup dans la note finale , nous avons particulièrement été appliqués dans ce domaine . Le respect des délais a aussi été l ’ un de nos soucis premiers : la somme de produits à réaliser est bien plus élevée par rapport à ce qui est demandé lors de la Coupe de France . Ce n ’ est pas la qualité des produits qui fait la différence avec cette compétition nationale , mais bien la quantité à sortir ... Nous avons connu quelques moments difficiles quand on n ’ arrivait pas à obtenir le résultat escompté , mais la force de notre équipe a été sa motivation sans faille et sa cohésion . Nous parvenions à entretenir un climat de sérieux mais aussi de détente grâce à l ’ humour . Si physiquement j ’ ai tenu le choc , Xavier , lui , a souffert d ’ une tendinite au poignet .
Cet entraînement , qui s ’ ajoutait à notre activité professionnelle , a réclamé beaucoup d ’ engagement et une énergie énorme de notre part tous les soirs et tous les week-ends pendant un an et demi . Nous ne pouvions plus rien faire d ’ autre , bien que de temps en temps je m ’ accordais une journée de repos pour me vider la tête . Si cela a été intense , j ’ estime que ce temps reste court à l ’ aune d ’ une vie .
Mon état d ’ esprit le jour J Si nous espérions un podium , nous ne pensions pas à la première place . Il peut survenir tant d ’ imprévus lors d ’ un concours - du matériel inconnu ou même des courants d ’ air ! - , qu ’ on peut vite perdre le contrôle des événements . Nous avions envie de nous faire plaisir tout en faisant de notre mieux . Nous avons fini en avance de 5 minutes et tous nos produits sont sortis parfaits , voire mieux qu ’ à l ’ entraînement . Malgré cette satisfaction , jusqu ’ au dernier moment , nous ne savions pas à quoi nous attendre tant il est facile de perdre des points . Nous avons sciemment évité de regarder ce que produisaient les équipes de Corée et du Japon ( qui ont terminé respectivement deuxième et troisième ) juste à côté de nous .
Effectivement , je craignais particulièrement les équipes asiatiques ( chinoises et coréennes ), très fortes en pièce artistique . Leurs titulaires sont payés par leur gouvernement à s ’ entraîner en permanence durant trois à quatre ans avant le concours . Ils n ’ ont pas à jongler avec leur emploi comme nous , Français . Même si le pain tel que nous le faisons n ’ est pas dans la culture asiatique , leurs professionnels sont très bons dans le domaine .
Le public français nous était tout acquis et l ’ annonce de notre victoire s ’ est faite dans la liesse ! Nos amis et familles étaient présentes , en particulier mes trois frères dont deux sont Compagnons , l ’ un boulanger et l ’ autre serrurier .
Si vous voulez marcher sur nos traces Pour parvenir à un très bon niveau de métier , je conseille de s ’ entraîner sans discontinuer hors de son temps de travail , d ’ échanger avec les anciens sur leurs pratiques , sans oublier d ’ acquérir de solides bases en technologie de la boulangerie . À mes yeux , la Coupe du monde de la boulangerie nécessite d ’ avoir quelques années de sédentarisation derrière soi .
Mes projets désormais Je n ’ ai plus de concours en vue . J ’ ai envie d ’ aider les artisans à aller vers davantage de qualité en leur enseignant de nouvelles techniques .
Si je me sens proche des athlètes des JO ? Il est vrai qu ’ il y a des choses en commun , mais eux jouent leur vie : je leur tire mon chapeau , parce que je mesure combien de sacrifices ils ont dû faire ! Je n ’ aurais pas pu vivre compétition sur compétition comme eux : être à 300 % tout le temps ne me correspond pas !
Le trio en plein entraînement , avec la réalisation de la totalité de la production , dans des conditions proches de la compétition .
# 343 / Septembre 2024