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voyage compagnons 15 de m ’ essayer à d ’ autres métiers . Je suis quelqu ’ un de polyvalent qui apprécie de toucher à tout .
Pour trouver des familles d ’ accueil , j ’ utilisais le site « Workaway ». Généralement , je restais deux semaines à un endroit , mais parfois plus si affinité . Le travail en woofing consiste à aider des gens selon leurs besoins . Par exemple j ’ ai vécu dans une famille dont le père atteint de la maladie de Parkinson avait besoin de voir avancer les travaux dans sa maison . Il a donc été le chef de chantier et moi ses mains . Une vraie relation amicale s ’ est créée entre nous . Lorsque l ’ on fait du woofing , l ’ on est accueilli par des gens particulièrement ouverts et très souvent par des fermiers . Il faut savoir que les fermes font partie intégrante des paysages de Nouvelle-Zélande . La majorité d ’ entre elles font de l ’ élevage , mais pas que . Pour l ’ anecdote , il y a plus de moutons que d ’ hommes là-bas ; je pense d ’ ailleurs que tout le monde connaît la réputation de l ’ agneau de ce pays .
DES ACTIVITÉS TOUJOURS DIFFÉRENTES Dans les divers foyers qui m ’ ont accueilli , j ’ ai eu l ’ occasion de faire de la couverture , de l ’ élevage , de la peinture , du jardinage , de la mécanique , etc . L ’ activité que j ’ ai préférée est l ’ élevage de vaches et de moutons . Peut-être qu ’ un jour , afin d ’ atteindre une certaine autosuffisance alimentaire , je ferai de l ’ élevage pour moi-même , une garantie de traçabilité et de respect du bien-être animal . J ’ ai beaucoup aimé m ’ occuper des moutons : capturer les agneaux pour les marquer par exemple . Pas si facile de courir après dans les collines … Ce qui est intéressant dans l ’ élevage , c ’ est que chaque jour est différent . On peut passer la matinée à refaire des clôtures et l ’ après-midi aider à mettre bas une brebis ; expérience que j ’ ai vécue et qui m ’ a vraiment marqué . La vie d ’ un éleveur est dynamique et intéressante , même si ceux-ci n ’ ont vraiment pas une minute à eux . Dans tous les cas , je pense qu ’ assister un agriculteur en Nouvelle-Zélande est à vivre lorsque l ’ on y voyage .
J ’ ai aussi fait de la peinture à Christchurch , la plus grande ville de l ’ île du sud . J ’ y ai participé à la rénovation d ’ une maison avec sept jeunes étrangers pratiquant comme moi le woofing . Échanger avec eux a été un vrai plaisir . Mon expérience en couverture s ’ est avérée également très intéressante . J ’ ai fait étape pendant une semaine chez un ancien , le Compagnon Hyvert , qui exerce à Auckland . Il s ’ est montré très accueillant . Afin de préparer le chantier de couverture d ’ une maison , il m ’ a enseigné à plier des tôles et à effectuer des découpes . Entretien , taille d ’ arbres , culture de potagers : souvent l ’ on m ’ a demandé de faire du jardinage , ce que j ’ ai aimé du fait de la proximité avec la nature . Il est certain que toutes les connaissances que j ’ ai acquises pourront m ’ être utiles par la suite .
J ’ AI RENCONTRÉ SUR PLACE DES PATRONS QUI M ’ ONT DIT PRÉFÉRER EMPLOYER DES EUROPÉENS : APPAREMMENT NOUS SOMMES BEAUCOUP PLUS DISCIPLINÉS DANS LE TRAVAIL
J ’ ai pu utiliser mes compétences de mécanicien-outilleur à divers moments , sans faire véritablement de la mécanique de précision pure . Je n ’ ai pas réalisé de pièces , mais je pense que j ’ ai apporté ma vision sur les chantiers que j ’ ai pu mener . Ainsi , j ’ ai changé les suspensions d ’ un 4 × 4 pour la première fois , j ’ ai ôté les pièces défectueuses d ’ un tracteur et préparé la commande en vue de leur remplacement .
Sur place j ’ ai visité une entreprise de mécanique de précision et j ’ y ai vu un gros potentiel d ’ emploi avec des chantiers enthousiasmants . J ’ ai touché à la maçonnerie et à la menuiserie aux côtés d ’ un Australien qui construisait sa maison en totale autonomie : je l ’ ai aidé à monter un mur en pierre , à concevoir des fondations et à fabriquer un escalier en pierre … J ’ ai aussi fait un peu de soudure , ce qui m ’ a beaucoup plu : parmi tous les métiers des Compagnons que j ’ ai pu essayer en Nouvelle-Zélande , j ’ ai vraiment apprécié la chaudronnerie .
J ’ ai rencontré sur place des patrons qui m ’ ont dit préférer employer des Européens : apparemment nous sommes beaucoup plus disciplinés dans le travail . La jeunesse néo-zélandaise arrive a priori en retard et se montre peu investie . Dans ce pays , les conditions de travail sont pourtant très cools , on n ’ y connaît pas le stress comme en Europe . La vie y est , de manière générale , plus tranquille . C ’ est un jeune pays plutôt isolé avec beaucoup d ’ immigration : on y découvre différentes cultures ainsi qu ’ un réel amour des Kiwis pour leurs îles . On remarque beaucoup plus la culture maorie sur l ’ île du nord . J ’ ai eu d ’ ailleurs l ’ occasion d ’ aller dans une école maorie , d ’ y découvrir des rituels et d ’ échanger avec les élèves , un moment très riche en émotion et en énergie .
DES RENCONTRES EN PAGAILLE À cette période , j ’ ai aussi décidé de réduire mon impact sur la planète lors de mes déplacements . J ’ ai donc choisi de voyager en stop , hormis dans les grandes villes où j ’ ai pu prendre le train ou le bus . Le stop est facile dans ce pays : j ’ ai dû passer au maximum 2 h à attendre sous la pluie , mais généralement je ne patientais pas plus de 10 minutes . Cela a été une expérience très riche de rencontres et d ’ imprévus .
Ce que je retiens de mes expériences en woofing est la gentillesse des Kiwis et la confiance qu ’ ils nous accordent si rapidement . Cela a été un tel étonnement pour moi de voir à quel point les gens te laissent faire les yeux fermés . Cela a forcément changé ma façon d ’ appréhender les gens et les événements : je suis encore plus motivé à aller vers les autres et j ’ ose communiquer sans filtre ! Le fait que le rythme de vie soit calme rend sans doute les gens plus gentils , ils ouvrent leur porte sans hésiter . Je pense que ce type de comportement est de plus en plus rare en France . Le fait que les Néo-Zélandais soient peu crée sans doute aussi davantage de solidarité , ils se connaissent tous , se saluent … Rouler sur des kilomètres en Nouvelle-Zélande sans croiser personne sur la route est assez surprenant d ’ ailleurs . Je n ’ ai pas connu de mauvaise expérience durant mon séjour . Peut-être juste une fois lors d ’ un trajet en voiture pendant lequel le conducteur était bien fatigué !
# 293 / Février 2020